Dans un contexte politique national particulièrement intense, marqué par les préparatifs de l’élection présidentielle du 12 avril et l’installation imminente de la 10ᵉ législature de l’Assemblée nationale béninoise, une figure politique de premier plan s’impose comme le futur président de l’hémicycle. Cette désignation, attendue mais non officielle avant dimanche, surgit au cœur de jeux d’alliances internes et de marchandages politiques au sein de la mouvance présidentielle.
Il s’est taillé une réputation solide dans les milieux du droit et de la politique. Sa trajectoire l’a conduit successivement à des postes clés : député et président de commission à l’Assemblée nationale, Garde des sceaux au gouvernement, puis président de la Cour constitutionnelle, qu’il a dirigée avant de démissionner pour se consacrer pleinement à la reconstruction politique de sa formation.
Pour beaucoup, l’année 2025 devait être celle de l’apothéose de ses ambitions personnelles. Pressenti à un moment comme candidat potentiel de la mouvance présidentielle pour la présidentielle d’avril prochain, il a finalement vu cette perspective lui échapper au profit d’un autre candidat choisi par la majorité présidentielle en la personne du ministre d’État, Romuald Wadagni. Selon plusieurs sources proches des états-majors politiques, cette non-désignation est apparue comme un revers personnel, d’autant qu’il était considéré par certains comme un héritier naturel du courant majoritaire, compte tenu de son influence et de ses fonctions stratégiques.
Cependant, le calendrier politique béninois lui a aujourd’hui réservé une autre forme de reconnaissance. À l’issue des élections législatives du 11 janvier dernier, où l’opposition est totalement absente des bancs de l’hémicycle au profit des deux partis phares de la mouvance présidentielle, le perchoir s’est transformé en un objectif à portée de main.
La nouvelle Assemblée nationale, dominée par l’Union Progressiste le Renouveau et son allié principal, le Bloc Républicain, se prépare à s’installer dimanche prochain. Selon des sources généralement bien informées, il sera massivement plébiscité par ses pairs pour occuper le perchoir, devenant ainsi le président de la 10ᵉ législature. Cette fonction, au-delà du prestige, confère une tribune politique majeure et une responsabilité essentielle dans l’orientation des affaires législatives pour les sept prochaines années.
Pour de nombreux observateurs, cette ascension n’est pas seulement une promotion institutionnelle : elle apparaît aussi comme un lot de consolation politique, certes prestigieux, mais issu d’un ajustement des forces internes plutôt que d’un succès personnel entier. Sa capacité à exercer ce rôle, dans un climat où les réformes constitutionnelles, les équilibres institutionnels et les débats sur l’après-Talon occupent le devant de la scène, sera sans doute l’un des marqueurs de son influence politique réelle et de sa faculté à rassembler au-delà des lignes partisanes.






