Alors que le mois de janvier 2026 s’achève ce samedi 31 janvier, le Bénin sort d’un mois riche en événements, dominé par une campagne électorale intense, la tenue d’un double scrutin législatif et communal le 11 janvier et la proclamation des résultats qui ont profondément marqué le paysage politique national.
Une campagne électorale marquée par un contexte politique tendu
Le mois de janvier a été notamment caractérisé par une campagne électorale lancée en fin d’année 2025, dans un climat encore marqué par une tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre 2025. Cette situation inédite a placé les élections législatives et communales sous le signe de la stabilité politique et de la normalisation démocratique, à moins de trois mois de l’élection présidentielle prévue en avril 2026.
Les partis politiques ont multiplié les meetings et les rencontres avec les électeurs, dans un contexte où les réformes électorales récentes, notamment les modifications des seuils de représentation, ont également alimenté les débats.
Un double scrutin historique le 11 janvier
Le dimanche 11 janvier 2026, près de 8 millions d’électeurs béninois étaient appelés aux urnes pour un double scrutin inédit, associant pour la première fois des élections législatives et communales. La Commission électorale nationale autonome (CENA) a déployé un dispositif logistique couvrant l’ensemble du territoire, avec plus de 17 000 bureaux de vote ouverts dans tout le pays.
Le déroulement du vote s’est globalement passé de manière ordonnée et pacifique, selon les rapports de radio nationale et d’observateurs, malgré des défis logistiques recensés dans certains bureaux de vote.
Résultats : domination de la majorité présidentielle
Législatives
Les résultats des élections législatives, proclamés définitivement par la Cour constitutionnelle le 19 janvier, confirment une victoire nette des partis soutenant le président Patrice Talon.
L’Union Progressiste le Renouveau (UPR) obtient 60 sièges à l’Assemblée nationale.
Le Bloc Républicain (BR) remporte 49 sièges.
Aucune formation d’opposition ne figure au sein du Parlement, la principale formation d’opposition n’ayant pas franchi les seuils requis pour entrer à l’Assemblée.
Ce résultat traduit une forte domination de la mouvance présidentielle pour la prochaine législature et pose d’importantes questions sur la représentation démocratique et la diversité politique au Parlement.
Communales et municipales
Les élections communales ont, elles aussi, vu les mêmes forces politiques dominer l’ensemble du territoire. Selon la CENA, l’UPR et le BR se partagent la totalité des sièges de conseillers locaux, totalisant 1 815 élus municipaux.
Dans la commune de Cotonou, capitale économique, l’UPR arrive largement en tête avec 34 conseillers, contre 15 pour le BR, confirmant ainsi sa forte implantation locale.
Sur l’ensemble du pays, les deux partis se partagent les communes, avec notamment l’UPR en tête dans plusieurs villes clés et le BR dominant aussi une partie importante du territoire.
Participation et perspectives post-électorales
Le taux de participation national, autour de 36 %, a suscité des commentaires dans les milieux politiques et parmi les observateurs, certains évoquant une mobilisation en demi-teinte malgré l’enjeu majeur de ces scrutins.
L’entrée en fonction officielle des 109 députés élus est prévue pour le 8 février 2026, conformément au calendrier constitutionnel et électoral.
Un mois décisif pour l’avenir politique du Bénin
Janvier 2026 restera dans les mémoires comme un mois crucial pour la vie politique béninoise : après des mois de préparatifs et une campagne électorale marquée par des tensions, les Béninois ont participé à un double scrutin qui redessine le paysage institutionnel à quelques mois seulement de la présidentielle.
Alors que la mouvance présidentielle s’installe solidement tant au niveau national que local, les défis liés à l’inclusion politique, à la participation citoyenne et à la cohésion nationale continuent d’alimenter les débats au sein de la société béninoise.






