Lutte contre l’AVC au Bénin : victimes, médecins et journalistes croisent leurs expériences pour mieux sauver des vies

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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À l’occasion de la Semaine de sensibilisation à l’accident vasculaire cérébral (AVC), l’association AVerCion Aversion a organisé, samedi 31 octobre 2026, à la Maison des médias Thomas Megnanssan Gbèdjromédé, à Cotonou, un « Dialogue Cerveau & Voix ». Cette rencontre a mis en présence des victimes, des professionnels de santé et des acteurs des médias autour d’un objectif commun : améliorer la prévention, favoriser la reconnaissance rapide des signes d’alerte et renforcer l’accompagnement des personnes touchées par cette affection.

Briser le silence autour de l’accident vasculaire cérébral et faire de l’information un instrument de prévention. C’est l’ambition qui a guidé le « Dialogue Cerveau & Voix », organisé samedi dernier à Cotonou par l’association AVerCion Aversion. Inscrite dans le cadre de la Semaine de sensibilisation à l’AVC, lancée le 25 octobre 2026, cette initiative a réuni plusieurs catégories d’acteurs directement ou indirectement concernés par cette maladie.

Placée sous le thème « Victimes, soignants et médias : une même conversation », la rencontre a permis de croiser les expériences personnelles, les connaissances médicales et les responsabilités journalistiques. Une démarche qui rappelle que la lutte contre l’AVC ne relève pas uniquement du personnel soignant. Elle commence aussi dans les familles, les lieux de travail et les communautés, à travers la connaissance des facteurs de risque et des gestes qui peuvent sauver une vie.

Car derrière chaque accident vasculaire cérébral se trouve une réalité humaine souvent difficile : une vie brutalement bouleversée, une famille confrontée à l’incertitude et, pour les survivants, un parcours parfois long de rééducation et de reconstruction.

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Hervé Prudence Hessou raconte son expérience

Le témoignage de M. Hervé Prudence Hessou, président de l’association AVerCion Aversion et de l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), a constitué l’un des moments marquants de cette rencontre.

Revenant sur l’épisode survenu le 29 juillet 2025, il a raconté les circonstances dans lesquelles il a été confronté à l’AVC. Alors qu’il se trouvait avec des collègues dans les environs du marché de Ménontin, il a ressenti des difficultés inhabituelles au moment de se rendre aux toilettes. Incapable d’accomplir normalement ce geste, il a dû faire des efforts. La situation s’est ensuite compliquée.

Conscient de la gravité de ce qui lui arrivait, il a pris son téléphone pour joindre un voisin médecin. Cette démarche a contribué à son orientation vers une prise en charge hospitalière à Ménontin.

En partageant cette expérience, le président d’AVerCion Aversion a voulu donner un visage humain à une affection dont les conséquences peuvent être particulièrement lourdes. Son récit a également permis de rappeler que l’AVC peut survenir de manière inattendue et que la réaction de l’entourage joue un rôle déterminant dans la prise en charge.

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Cinq spécialistes pour éclairer le public

Au-delà du témoignage, les participants ont bénéficié des explications de cinq professionnels issus de différentes spécialités médicales et paramédicales. Modérés par Zakiath Latoundji, journaliste spécialisée dans les questions de santé et ancienne présidente de l’UPMB, les échanges ont permis d’aborder l’AVC sous plusieurs angles complémentaires.

Le Dr Richard Houeze, neurologue spécialiste en neurologie vasculaire et commissaire divisionnaire de la Police républicaine, a présenté les mécanismes de survenue de l’AVC, ses manifestations et les conduites à tenir en situation d’urgence. Il a particulièrement insisté sur la nécessité de réagir sans délai dès l’apparition des premiers signes évocateurs et de solliciter immédiatement une assistance médicale.

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La prévention a occupé une place importante dans l’intervention du Dr Nkié Sylvia épouse Goudou, médecin cardiologue au Centre hospitalier international de Calavi (CHIC). Elle a mis l’accent sur l’hypertension artérielle, l’un des principaux facteurs de risque de l’AVC, ainsi que sur l’importance d’une alimentation équilibrée. Le contrôle de la tension artérielle et l’adoption de bonnes habitudes alimentaires constituent, selon les explications apportées, des éléments essentiels dans la prévention des maladies cardiovasculaires.

Pour sa part, le Dr Alexandre D. Faton, spécialiste en médecine physique et de réadaptation (MPR) et colonel des Forces armées béninoises, s’est intéressé aux conséquences de l’AVC sur les capacités fonctionnelles des patients. À travers une illustration pédagogique, il a comparé l’interruption de la circulation sanguine dans le cerveau à une coupure d’approvisionnement en eau dans un quartier. De même que les habitants subissent les conséquences d’une telle interruption, les neurones privés d’oxygène peuvent être endommagés, entraînant des difficultés motrices.

Il a ainsi expliqué le rôle du médecin spécialiste en MPR dans le processus de récupération, dont l’objectif est de permettre au patient de retrouver, autant que possible, ses capacités fonctionnelles et son autonomie.

Les troubles de la communication ont également été abordés par Edith Ochoumare Choukpa, orthophoniste et trésorière de l’Association béninoise des professionnels de l’orthophonie (ABEPO). Elle a présenté les difficultés susceptibles d’apparaître après un AVC, notamment les troubles de la parole, du langage et de la communication. Son intervention a permis de mettre en lumière la contribution de l’orthophonie dans la rééducation et l’amélioration des capacités de communication des personnes touchées.

De son côté, Antoine Dovonon, kinésithérapeute et vice-président de l’Association béninoise des kinésithérapeutes rééducateurs (ABEKIR), a insisté sur l’importance de la rééducation dans le processus de récupération. Il a notamment mis en garde contre les pratiques consistant à conduire d’abord les victimes auprès de guérisseurs ou de féticheurs avant de rechercher une assistance médicale. De tels détours peuvent retarder la prise en charge et compromettre les possibilités de récupération.

Hypertension, diabète, tabac : les facteurs de risque passés au crible

Les échanges ont également permis de revenir sur les principaux facteurs susceptibles de favoriser la survenue d’un AVC. L’hypertension artérielle, le diabète, le tabagisme, la consommation d’alcool et la sédentarité ont notamment été évoqués par les intervenants.

À travers les questions adressées aux spécialistes, le public a pu approfondir sa compréhension de cette affection, des moyens de prévention et des différentes étapes de la prise en charge.

L’enjeu est de faire évoluer les comportements, mais aussi de combattre les idées reçues qui entourent encore l’AVC. La sensibilisation doit notamment permettre aux populations de reconnaître les manifestations suspectes, de ne pas banaliser les symptômes et de privilégier une orientation médicale immédiate.

L’AVC, un défi majeur de santé publique

L’ampleur du phénomène à l’échelle mondiale renforce la nécessité de telles initiatives. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) évoquées au cours de la rencontre, environ 15 millions de personnes sont touchées chaque année par un AVC dans le monde et près de six millions en décèdent.

Au Bénin également, la situation appelle à une vigilance accrue. À Cotonou, une enquête menée auprès de plus de 15 000 habitants a estimé la prévalence de l’AVC à 4,6 pour 1 000. Ces données illustrent l’importance de renforcer l’information, la prévention et la sensibilisation au sein des communautés.

AVerCion Aversion, le combat d’un survivant devenu porte-voix

Derrière l’organisation de ce dialogue se trouve une volonté personnelle : celle d’Hervé Prudence Hessou de transformer son expérience de victime en un engagement au service des autres.

Le président d’AVerCion Aversion explique avoir créé cette association pour contribuer à une meilleure connaissance de l’AVC et encourager les populations à adopter les bons comportements face à cette affection.

« Il faut forcément communiquer et informer les gens sur l’AVC. On croit le connaître, mais il reste loin de nos connaissances : chacun doit savoir quoi faire quand il le faut », a-t-il expliqué.

Pour ce journaliste, qui revendique près d’un quart de siècle d’expérience professionnelle, garder le silence après avoir lui-même été confronté à cette épreuve n’était pas envisageable.

« Je ne peux pas être journaliste depuis près d’un quart de siècle et président de l’Union, voir cet incident m’arriver et me taire », a-t-il confié, réaffirmant sa détermination à poursuivre ce travail de sensibilisation avec le concours des médias et des professionnels de santé.

Au terme de ce « Dialogue Cerveau & Voix », une conviction s’est dégagée : la lutte contre l’AVC nécessite une mobilisation qui dépasse le cadre hospitalier. Les victimes ont une expérience à partager, les spécialistes des connaissances à transmettre et les médias une responsabilité essentielle dans la diffusion de l’information.

En réunissant ces différentes voix, AVerCion Aversion entend faire de la sensibilisation un véritable outil de prévention et d’accompagnement. Un combat collectif pour mieux reconnaître l’AVC, agir à temps et améliorer les conditions de vie de ceux qui en gardent les séquelles.

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.