Le jeudi 22 janvier 2026, le Parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a requis une peine de huit ans de prison ferme contre cinq personnes impliquées dans l’affaire des ossements humains découverts derrière la morgue du Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM) à Cotonou.
L’affaire remonte à fin février 2025, lorsqu’un agent d’entretien, chargé du débroussaillage d’une zone boisée située à l’arrière de la morgue, a fait la macabre découverte d’ossements humains dans un terrain vague du plus grand hôpital public du Bénin. Alertés, les responsables du CNHU ont immédiatement sécurisé les lieux et informé les autorités compétentes.
Dès l’ouverture de l’enquête, plusieurs agents hospitaliers, dont des thanatopracteurs communément appelés morguiers, ainsi qu’un conducteur de corbillard, ont été interpellés et placés sous mandat de dépôt. Au total, douze prévenus avaient été initialement convoqués devant la juridiction spéciale pour répondre des faits d’« abus de fonctions et de complicité d’abus de fonction », selon les éléments de la procédure réunis.
Lors de l’audience du 22 janvier, le ministère public a requis une peine de huit ans de prison ferme, estimant que les faits reprochés aux cinq accusés constituent une “extrême gravité”. Selon le magistrat, des interactions consignées sur les téléphones portables des prévenus suggèrent leur participation à un trafic présumé d’organes et de restes humains, évoquant notamment des cerveaux et des crânes humains, ainsi que d’autres prélèvements sur des cadavres déposés à la morgue.
À la barre, les accusés ont nié les faits mis à leur charge, plaidant non coupables et réfutant toute implication dans les activités criminelles évoquées par l’accusation.
Deux autres personnes citées dans le dossier ont, quant à elles, bénéficié de la relaxe au bénéfice du doute, et l’affaire a été renvoyée pour suite de procédure au 5 février prochain, date à laquelle la CRIET poursuivra l’examen des éléments de preuve avant de statuer sur le sort définitif des mis en cause.
Ce dossier, qui a profondément marqué l’opinion publique béninoise, soulève de nombreuses questions sur les pratiques au sein des institutions de santé et la gestion des restes humains dans le pays. Alors que l’opinion attend avec impatience les conclusions de la justice, la CRIET se trouve désormais au cœur d’une procédure complexe qui met en lumière l’importance du respect des normes éthiques et légales dans la prise en charge des dépouilles humaines.






