L’état des voies d’accès au village de Podji-Daho, dans la commune de Sèmè-Podji, suscite une vive inquiétude chez les habitants. Entre nids-de-poule, accumulation de sable, poussière et difficultés de circulation, les riverains dénoncent une dégradation qu’ils attribuent notamment au passage répété des camions desservant une carrière de sable exploitée par dragage. Ils interpellent les autorités communales et gouvernementales afin que des mesures urgentes soient prises.
Le quotidien devient de plus en plus difficile pour les habitants de Podji-Daho. Dans ce village de la commune de Sèmè-Podji, les voies d’accès se trouvent dans un état de dégradation avancée, compliquant les déplacements des populations et perturbant les activités économiques. Selon plusieurs riverains, la situation s’est considérablement aggravée depuis le démarrage des activités d’une carrière de sable exploitée par dragage dans la localité.

Sur ces voies devenues particulièrement difficiles à pratiquer, les nids-de-poule se multiplient. Conducteurs de motos, automobilistes et autres usagers doivent redoubler de vigilance pour éviter les obstacles et circuler sans encombre. À ces difficultés s’ajoute une importante accumulation de sable sur la chaussée, qui contribue à détériorer les conditions de circulation et à soulever des nuages de poussière au passage des véhicules.
Pour les habitants, cette situation est devenue insupportable. Ils estiment subir les conséquences d’une activité économique dont ils dénoncent les répercussions sur leur cadre de vie.
Des camions de sable pointés du doigt
Toutefois, des habitants de Podji-Daho affirment que le passage répété des camions chargés de sable a fortement contribué à la détérioration des voies qu’ils empruntent quotidiennement. Ils déplorent également les désagréments causés par la poussière, qui envahit leurs concessions et affecte leur environnement immédiat.
« Nos voies n’étaient pas dans cet état. Les camions chargés de sable de la nouvelle carrière ont tout gâté. Il nous est difficile de circuler aujourd’hui pour sortir de notre village ou y rentrer. Nous subissons les effets collatéraux de cette carrière », déplore Pierrette, une vendeuse installée devant son domicile.
Face à cette situation, elle lance un appel au maire de Sèmè-Podji, Thomas Singbo, et aux membres du Conseil communal, ainsi qu’aux autorités gouvernementales, afin qu’ils interviennent pour soulager les populations.
Les activités économiques également affectées
Au-delà des difficultés de déplacement, la dégradation des voies aurait des conséquences directes sur les activités génératrices de revenus. Des commerçants et des responsables d’établissements affirment constater une baisse de leur clientèle depuis l’aggravation de la situation.
Un gérant de bar déplore les pertes enregistrées et les désagréments auxquels sont confrontés les riverains. Il précise que les populations ne s’opposent pas nécessairement à l’exploitation de la carrière, mais réclament une meilleure prise en compte de ses conséquences sur leur environnement.

« Nous avons perdu beaucoup de clients à cause du mauvais état de nos voies au lendemain de l’ouverture de cette carrière de sable. Nous ne sommes pas contre la décision des autorités, seulement, notre cadre de vie en fait les frais. Même des installations de la SONEB et de la SBEE ont été touchées par les camions. Que les responsables du pays nous aident. La poussière est également notre enfer quotidien. Nous souffrons énormément », confie-t-il.
Ces témoignages traduisent le sentiment d’abandon exprimé par plusieurs habitants, qui disent éprouver de plus en plus de difficultés à poursuivre normalement leurs activités. Pour eux, la dégradation des voies ne constitue plus un simple désagrément, mais une préoccupation majeure qui appelle une réponse rapide des pouvoirs publics.
Une carrière au centre des tensions
La situation actuelle intervient dans un contexte déjà marqué par des contestations autour de l’ouverture et de l’exploitation de cette carrière de sable. Le projet aurait suscité des remous et des mouvements de protestation dans la localité.
Certains opposants à l’exploitation soutiennent que l’autorisation accordée au promoteur concerne une carrière située à Adanmè-Vodounvi, dans l’arrondissement d’Ekpè, et non dans l’arrondissement central de Sèmè-Podji, où se trouve le village de Podji-Daho. Cette question alimente les interrogations et les tensions autour des conditions d’exploitation du site et de ses répercussions sur les populations riveraines.
Par ailleurs, un opposant au projet aurait récemment été interpellé par la police avant d’être libéré après sa présentation au procureur de la République. Cet épisode témoigne du climat de tension qui entoure le dossier, même si les circonstances précises de cette interpellation mériteraient d’être davantage éclaircies.
Les autorités attendues au tournant
Dans ce contexte, les habitants de Podji-Daho appellent les autorités communales et gouvernementales à prendre la mesure de leurs difficultés. Ils attendent notamment des actions concrètes pour améliorer l’état des voies, limiter les nuisances liées à la poussière et préserver les infrastructures affectées par le passage des poids lourds.
Au-delà des interventions ponctuelles, les populations souhaitent que des dispositions durables soient prises afin de concilier l’exploitation des ressources naturelles avec la protection du cadre de vie et des activités économiques locales.
En attendant une éventuelle réaction des autorités et des responsables de la société concernée, les habitants continuent de subir les conséquences de cette situation qu’ils jugent préoccupante. À Podji-Daho, le message est clair : les populations ne réclament pas seulement des explications, mais des solutions urgentes pour retrouver des voies praticables et un environnement de vie acceptable.



