La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) reprend, ce vendredi 5 juin 2026, l’examen du dossier relatif à la jeune femme victime de graves violences à Ekpè, dans la commune de Sèmè-Podji. Une affaire qui avait profondément choqué l’opinion publique béninoise après la diffusion sur les réseaux sociaux d’images montrant la victime soumise à des actes de torture particulièrement humiliants.
Lors de la première audience tenue le 15 mai dernier, les six personnes poursuivies dans ce dossier ont toutes plaidé non coupable devant la juridiction criminelle de la CRIET. Les prévenus sont notamment poursuivis pour des faits de viol, de coups et blessures volontaires ainsi que pour enregistrement et diffusion d’images relatives à la commission d’une infraction. À l’issue des débats préliminaires, le dossier avait été renvoyé au 5 juin 2026.
La question du huis clos devrait occuper une place centrale lors de cette nouvelle audience. Dès l’ouverture du procès, les avocats de la victime et de l’Institut National de la Femme (INF) avaient demandé que les débats se déroulent hors de la présence du public, estimant que la nature des faits reprochés et la nécessité de préserver la dignité de la victime justifiaient une telle mesure.
Les avocats de la défense s’étaient pour leur part opposés à cette demande, plaidant pour la publicité des débats au nom des principes fondamentaux de la justice. La Cour avait alors décidé de joindre cette question au fond du dossier et de poursuivre l’examen de l’affaire à une date ultérieure.
Très attendue, cette audience pourrait permettre à la juridiction de se prononcer sur cette question procédurale déterminante avant d’aborder le fond du dossier. Elle devrait également marquer une nouvelle étape dans la quête de justice pour la victime, dont le calvaire avait suscité une vive émotion au sein de la population et provoqué une forte mobilisation des autorités judiciaires et des organisations de défense des droits des femmes.
Pour de nombreux observateurs, l’affaire d’Ekpè est devenue un symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes et de la nécessité de garantir une réponse judiciaire exemplaire face aux atteintes à la dignité humaine. Les regards seront donc tournés vers la CRIET ce vendredi, dans l’attente des décisions qui pourraient orienter la suite de cette procédure particulièrement sensible.



