Une simple attente devant un étal de nourriture a dégénéré en scène de violences et de menaces à Abomey-Calavi. Jugé mercredi 29 juillet 2026 par le tribunal de la commune, un jeune homme a été reconnu coupable d’avoir menacé une vendeuse ambulante avec un couteau, alors qu’il réclamait d’être servi avant les autres clients.
À l’origine de l’affaire, une commande d’à peine 150 francs CFA. Le prévenu s’était présenté auprès de la vendeuse pour acheter un repas. Mais plusieurs clients étaient déjà en attente. Alors que la commerçante s’occupait successivement de sa clientèle, l’impatience du jeune homme serait rapidement montée d’un cran.
D’après les déclarations faites à l’audience, la vendeuse avait déjà encaissé son argent, mais ne l’avait pas encore servi. Quelques minutes d’attente ont suffi pour faire basculer la situation. Mécontent de ne pas être servi immédiatement, le prévenu aurait sorti un couteau avant de proférer des menaces contre la vendeuse. Des clients présents sur les lieux auraient également été pris à partie.
« Je pensais qu’elle m’avait oublié »
À la barre, le prévenu n’a pas contesté les faits. Il a reconnu avoir brandi le couteau, tout en tentant d’expliquer son geste. Selon lui, sa réaction serait liée au fait qu’il avait déjà payé et estimait que la vendeuse le faisait attendre indûment alors qu’elle continuait à servir d’autres personnes.
Une justification qui n’a toutefois pas convaincu les juges. Pour le tribunal, l’attitude adoptée par le prévenu ne pouvait en aucun cas être justifiée par une simple querelle autour de l’ordre de service.
Un comportement jugé inquiétant
Au cours de l’audience, le tribunal a également relevé des éléments laissant penser que le jeune homme pouvait avoir agi sous l’influence de produits psychotropes. Son comportement et son attitude au moment des faits ont ainsi été pris en compte dans l’appréciation du dossier.
Le tribunal a par ailleurs tenu compte des antécédents judiciaires du prévenu, déjà connu de la justice.
À l’issue des débats, le jeune homme a été déclaré coupable et condamné à 12 mois d’emprisonnement, dont trois mois ferme, ainsi qu’au paiement d’une amende.
Cette affaire rappelle surtout comment une situation banale peut rapidement dégénérer lorsqu’une frustration ordinaire se transforme en menace et en violence. À Abomey-Calavi, ce qui n’était au départ qu’une attente de quelques minutes pour un repas à 150 francs CFA s’est finalement soldé par une condamnation pénale.



