Le torchon brûle entre la mairie de Sèmè-Podji et la société MLF Trading Sarl. Le maire Thomas Singbo a décidé de suspendre provisoirement les activités d’exploitation de sable de cette entreprise sur son site de Djeffa, après une série d’irrégularités relevées dans le suivi des opérations et les déclarations liées à l’exploitation de la carrière.
La décision a été matérialisée le mercredi 9 septembre 2026, lors d’une descente du maire et d’une délégation municipale sur le site. Une lettre de suspension a été remise à la société, en présence des professionnels des médias. La mesure restera en vigueur jusqu’à la régularisation de la situation.
Des difficultés autour du suivi numérique des camions
Au cœur du dossier figure notamment le dispositif numérique mis en place pour assurer la traçabilité des chargements de sable. Selon les éléments communiqués par la mairie, MLF Trading n’aurait pas donné suite à des demandes visant à désigner un responsable habilité à accéder à la plateforme de suivi.
Une première correspondance aurait été adressée à l’entreprise le 17 août 2026, afin qu’elle communique les coordonnées d’une personne chargée du suivi des mouvements de camions. Une relance aurait ensuite été effectuée le 28 août, sans suite, selon la mairie.
Pour l’autorité communale, ce dispositif est pourtant essentiel pour disposer de données fiables sur les volumes effectivement chargés et améliorer le contrôle des activités extractives.
Des écarts dans les déclarations de recettes
Les griefs ne s’arrêtent pas au suivi des camions. La mairie évoque également des incohérences dans les déclarations relatives à la Contribution au développement local (CDL) et aux redevances minières.
Pour la période allant de janvier à juin 2026, les montants reversés auraient été inférieurs à ceux attendus au regard des éléments dont dispose la commune. La mairie relève également un écart entre les données déclarées au titre de la CDL pour juillet et les résultats issus du pointage numérique réalisé sur le site entre le 13 et le 31 juillet.
Ces écarts sont considérés par l’autorité communale comme susceptibles d’affecter les recettes de la collectivité, mais également celles de l’administration fiscale.
Un dépassement de la zone de dragage également signalé
À ces difficultés administratives et financières s’ajoute une autre anomalie. La Direction des Mines aurait constaté un dépassement de la superficie de dragage autorisée sur le site exploité par MLF Trading.
Cette situation vient renforcer les préoccupations de la mairie, qui entend désormais resserrer le contrôle autour de l’exploitation des carrières de sable dans la commune.
Thomas Singbo ouvre la voie à une régularisation
Malgré la suspension, l’autorité communale ne ferme pas la porte au dialogue. Le maire Thomas Singbo explique que la mesure vise notamment à permettre à l’entreprise de se rapprocher de la mairie et des services compétents de l’État afin de régulariser sa situation.
> « Nous avons décrété cette suspension, histoire de permettre à l’entreprise de se rapprocher de la mairie et des services connexes de l’État pour pouvoir essayer de régulariser la situation », a déclaré le maire au micro de Canal 3 Bénin.
La décision a notamment été portée à la connaissance de la Préfecture de l’Ouémé, de la Direction départementale des Mines, de la Direction départementale des Impôts et de la Police républicaine.
Cette suspension s’inscrit dans une démarche plus large engagée par la nouvelle équipe communale pour mieux encadrer l’exploitation des carrières mécanisées. Dès mai 2026, Thomas Singbo avait déjà fait état d’insuffisances dans le contrôle des carrières, d’écarts entre les superficies autorisées et les superficies exploitées, ainsi que de pertes de ressources pour la commune.
À travers cette nouvelle mesure, la mairie entend donc renforcer la traçabilité des chargements, la fiabilité des déclarations et la sécurisation des recettes communales, tout en donnant à l’entreprise la possibilité de se mettre en conformité.



