À l’issue de l’installation officielle du Sénat béninois, Paul Hounkpè retient à la fois la portée historique de l’événement et l’exigence de résultats qui incombe désormais à cette nouvelle institution
Le Bénin a franchi, ce jeudi 30 juillet 2026 à Porto-Novo, une étape majeure de son évolution institutionnelle avec l’installation officielle de la première mandature de son Sénat. Présent à cette cérémonie historique, le sénateur Paul Hounkpè a exprimé un sentiment de fierté, tout en soulignant que l’essentiel reste désormais à accomplir.
« On ne peut qu’avoir des sentiments de fierté. C’est chose faite, le défi, c’est de donner tout le sens qu’il faut à cette institution », a déclaré Paul Hounkpè après la cérémonie d’installation.
À travers cette déclaration, l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2026 met en avant la dimension historique de la création de cette nouvelle chambre du Parlement béninois. L’installation du Sénat concrétise en effet la réforme institutionnelle engagée avec la révision de la Constitution de novembre 2025, qui a instauré un Parlement à deux chambres.
De la naissance institutionnelle à l’utilité concrète
Pour Paul Hounkpè, la cérémonie du 30 juillet ne constitue donc pas une finalité. Elle marque plutôt le début d’une nouvelle responsabilité pour les membres de cette première mandature.
Son appel à « donner tout le sens » au Sénat renvoie à l’enjeu de faire de cette institution une composante pleinement utile de l’architecture démocratique béninoise. La nouvelle chambre devra ainsi trouver sa place dans le fonctionnement du Parlement et contribuer, par ses travaux, à la consolidation de la République et à la prise en compte des intérêts du pays.
Cette attente est d’autant plus forte que le Sénat représente une nouveauté dans le paysage institutionnel national. Ses premiers membres sont appelés à poser les bases de son fonctionnement, de ses méthodes de travail et de son rôle dans la vie publique. La cérémonie d’installation, initialement annoncée au Palais des Gouverneurs, s’est inscrite dans la mise en place progressive de cette nouvelle institution, dont le siège définitif est encore en cours d’aménagement.
Hounkpè, de l’opposition au Sénat
La présence de Paul Hounkpè au sein de cette première équipe de sénateurs revêt également une dimension politique particulière. L’ancien responsable des Forces cauris pour un Bénin émergent a été désigné parmi les personnalités appelées à siéger au Sénat en juillet 2026, après avoir été l’unique adversaire de Romuald Wadagni à l’élection présidentielle d’avril 2026.
Son entrée au Sénat intervient ainsi après une séquence électorale au cours de laquelle il avait reconnu sa défaite à la présidentielle. Cette nouvelle responsabilité institutionnelle ouvre désormais une autre étape de son parcours politique.
Le véritable défi commence maintenant
Au-delà de la solennité de l’installation, Paul Hounkpè place donc le débat sur le terrain de l’action. La fierté liée à la naissance du Sénat devra, selon lui, céder rapidement la place au travail et à la recherche d’une réelle valeur ajoutée institutionnelle.
Le défi sera notamment de faire en sorte que cette nouvelle chambre ne soit pas seulement une innovation constitutionnelle, mais une institution qui démontre son utilité à travers la qualité de ses travaux, sa contribution au débat public et son inscription durable dans le fonctionnement démocratique du Bénin.
En résumé, le message de Paul Hounkpè tient en deux temps : saluer l’aboutissement d’un processus historique, puis se tourner immédiatement vers l’avenir. « C’est chose faite », constate-t-il. Mais, pour le nouveau sénateur, l’histoire du Sénat béninois commence véritablement maintenant.



