Après deux années passées derrière les barreaux, Steve Amoussou a retrouvé la liberté le jeudi 20 août 2026. Au lendemain de sa sortie de la prison civile d’Akpro-Missérété, le cyberactiviste est revenu, au micro de Bip Radio, sur les conditions de sa détention et sur ce qu’il retient de cette longue période passée en milieu carcéral.
Si sa libération marque la fin de son parcours pénitentiaire dans cette affaire, son témoignage met surtout en lumière la dimension psychologique de ces deux années. Steve Amoussou décrit une expérience marquée par l’isolement et la solitude, avec des possibilités de sortie fortement limitées.
« La difficulté, c’était surtout psychologique »
Dans son récit, l’ancien détenu explique que le poids de la détention ne résidait pas uniquement dans les contraintes matérielles de la vie carcérale. La solitude et la relative rareté des moments de contact avec l’extérieur auraient constitué, selon lui, l’une des principales difficultés de son séjour en prison.
Les sorties étaient notamment limitées aux périodes consacrées aux visites, ce qui a contribué à renforcer le sentiment d’isolement qu’il dit avoir éprouvé durant ces 24 mois.
Quelques heures après sa libération, Steve Amoussou avait d’ailleurs livré un premier message empreint de soulagement, affirmant être en bonne santé et considérant sa sortie de prison comme « une grâce ».
Un hommage appuyé aux agents pénitentiaires
Malgré les difficultés évoquées, Steve Amoussou n’a pas dressé un tableau entièrement négatif de son expérience carcérale. Il a au contraire tenu à rendre hommage au personnel pénitentiaire béninois, dont il a salué le comportement durant sa détention.
«« Il faut que je loue ici le professionnalisme du personnel pénitentiaire qui fait son travail avec beaucoup de sérieux, d’humanisme et de responsabilité », a-t-il déclaré.»
Une appréciation qui tranche avec la dureté du vécu qu’il décrit par ailleurs. Pour lui, la pénibilité de la détention tient avant tout à l’éloignement du monde extérieur et au poids psychologique de l’enfermement, plutôt qu’à une remise en cause du comportement des agents chargés de sa surveillance.
Une page judiciaire désormais tournée
Steve Amoussou a été arrêté à Lomé, au Togo, le 12 août 2024 avant d’être transféré au Bénin. Présenté par la justice béninoise comme étant lié au personnage de « Frère Hounvi », il a été poursuivi devant la CRIET dans une affaire portant notamment sur ses publications sur les réseaux sociaux.
Condamné en première instance à deux ans d’emprisonnement ferme, sa peine a été maintenue en appel en décembre 2025, avec une amende portée à deux millions de francs CFA. Après avoir exécuté l’intégralité de sa peine, il a finalement quitté la prison d’Akpro-Missérété le 20 août 2026.
Désormais libre, Steve Amoussou regarde donc vers l’après-détention. Son témoignage sur ces deux années met en avant une expérience profondément éprouvante sur le plan psychologique, tout en reconnaissant le sérieux et l’humanisme du personnel pénitentiaire qui l’a accompagné durant cette période.



