Le drame survenu au quartier Orougnorou, dans la commune de Banikoara, prend une tournure encore plus tragique. Plusieurs jours après l’incendie du jeudi 20 août 2026, le bilan humain s’est considérablement alourdi, passant de neuf blessés à cinq décès.
Selon les informations communiquées par Orou Osseni, président communal des vendeurs d’essence, plusieurs victimes avaient été évacuées vers Parakou, où elles ont été prises en charge dans des structures sanitaires. Les nouvelles de leur décès seraient parvenues progressivement aux responsables locaux, faisant évoluer le bilan au fil des jours.
Des victimes évacuées vers Parakou
Au lendemain du sinistre, les premières informations faisaient état de neuf personnes brûlées, certaines souffrant de brûlures du premier au troisième degré. Les secours avaient réussi à évacuer les victimes avant l’arrivée des équipes de protection civile. Les éléments de la Protection civile avaient ensuite été mobilisés pour maîtriser le feu et éviter sa propagation aux habitations voisines.
Parmi les blessés les plus gravement atteints, plusieurs ont été transférés à Parakou pour bénéficier de soins spécialisés. C’est dans ce contexte que les décès ont été enregistrés, portant désormais à cinq le nombre de personnes ayant succombé à leurs blessures, selon le responsable communal des vendeurs d’essence.
À Banikoara, l’état de santé des blessés toujours pris en charge sur place serait en revanche plus rassurant. Ceux dont les blessures sont moins sévères commencent à reprendre leurs esprits et à communiquer, rapporte Orou Osseni.
L’essence frelatée au cœur du drame
Le sinistre s’est produit dans un bâtiment d’environ 20 m² comprenant plusieurs pièces à usage commercial et d’habitation, ainsi qu’un espace destiné au stockage de bidons d’essence frelatée. Cette proximité entre logements, commerces et produits hautement inflammables constitue l’un des principaux facteurs de risque relevés après l’incendie.
Selon des informations rapportées par plusieurs médias locaux, le feu se serait déclaré alors que des bidons d’essence étaient en cours de déchargement. Une défaillance électrique au niveau de la batterie d’un camion aurait notamment été évoquée comme point de départ du sinistre. Cette version reste toutefois à mettre en regard des conclusions officielles sur les causes exactes de l’incendie.
Des dégâts matériels, mais surtout un lourd bilan humain
Au-delà des pertes en vies humaines, l’incendie a également occasionné des dégâts matériels. Une partie du bâtiment a été touchée par les flammes, avec notamment la destruction de stocks de produits alimentaires, dont plusieurs dizaines de sacs de maïs, ainsi que des bidons d’essence.
Le bilan matériel apparaît cependant secondaire face à l’ampleur des pertes humaines. Le drame relance surtout la question des conditions de stockage et de manipulation de l’essence frelatée dans les zones d’habitation.
Les acteurs du secteur appelés à revoir leurs pratiques
Face à l’évolution dramatique du bilan, les acteurs du secteur entendent tirer les leçons de l’incendie. Une rencontre avec le maire de Banikoara a déjà permis d’aborder les mesures à prendre afin de réduire les risques liés à la manipulation et au stockage du carburant.
Les vendeurs et importateurs devraient notamment renforcer leur collaboration avec les sapeurs-pompiers. La sensibilisation devra porter sur les précautions à prendre lors du déchargement des produits, les conditions de stockage et la nécessité d’éloigner les dépôts des zones d’habitation.
Le drame d’Orougnorou rappelle ainsi, une nouvelle fois, les conséquences potentiellement meurtrières du stockage de produits inflammables dans des espaces inadaptés. Alors que le bilan s’élève désormais à cinq morts, l’enjeu est désormais de transformer cette tragédie en électrochoc pour prévenir de nouveaux accidents à Banikoara.



