L’affaire prend une nouvelle tournure judiciaire. Deux hommes, poursuivis dans une affaire présumée d’escroquerie autour d’une promesse de nomination à un poste ministériel, ont été placés sous mandat de dépôt dans la nuit du lundi 7 septembre 2026. Interpellés quelques jours plus tôt, ils ont été présentés au procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
Parmi les deux mis en cause figure le président de la Fondation œcuménique pour la paix en Afrique (FOPA), présenté comme le principal protagoniste de cette affaire. Son présumé complice a également été placé en détention provisoire. Le plaignant, un tradipraticien, a pour sa part été entendu dans le cadre de la procédure.
Le dossier est désormais appelé à être examiné par la juridiction spécialisée. Le procès des deux prévenus est annoncé pour le 29 octobre 2026.
Plus de 45 millions FCFA au cœur de la plainte
À l’origine de cette procédure se trouve la plainte d’un tradipraticien qui affirme avoir versé plus de 45 millions de francs CFA dans l’espoir d’obtenir un portefeuille ministériel.
Selon sa version des faits, les sollicitations auraient commencé au moins en 2023. Le principal mis en cause se serait alors présenté comme un conseiller de la présidence de la République et aurait mis en avant ses prétendues connexions au sommet de l’État.
Il aurait notamment affirmé avoir joué un rôle dans la nomination de quatre ministres du gouvernement précédent. S’appuyant sur cette influence supposée, il aurait ensuite assuré au tradipraticien qu’il pouvait faciliter sa nomination au sein de la nouvelle équipe gouvernementale.
Convaincu de la réalité de cette promesse, le plaignant aurait progressivement engagé d’importantes sommes d’argent pour répondre aux différentes demandes qui lui étaient adressées.
Une maison vendue et des dettes contractées
Pour réunir les fonds réclamés, le tradipraticien affirme avoir consenti de lourds sacrifices financiers. Il aurait vendu sa maison, puis puisé dans ses tontines et contracté plusieurs emprunts.
Au total, il estime avoir déboursé plus de 45 millions de francs CFA dans l’espoir d’obtenir le poste promis.
Dans le même temps, le principal mis en cause lui aurait demandé à plusieurs reprises son curriculum vitae. Des démarches qui, selon le plaignant, auraient renforcé sa conviction que sa nomination était imminente.
Mais le 24 mai 2026, lorsque la composition du nouveau gouvernement a été officiellement annoncée, l’attente a laissé place à la déception : son nom ne figurait pas dans la nouvelle équipe gouvernementale.
L’affaire finit devant la justice
Après avoir constaté que la nomination promise ne s’était pas concrétisée, le tradipraticien a finalement saisi la justice. Une enquête a alors été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes des versements, la destination des fonds et le rôle joué par chacun des protagonistes.
Les deux suspects ont été interpellés le 1er septembre 2026 avant d’être présentés, le 7 septembre, au procureur spécial près la CRIET. À l’issue de cette étape judiciaire, ils ont été placés sous mandat de dépôt.
L’audience prévue le 29 octobre devrait permettre à la justice d’examiner les faits reprochés aux deux prévenus et d’entendre les différentes parties.
À ce stade de la procédure, les deux hommes bénéficient de la présomption d’innocence. Seule une décision de justice définitive permettra d’établir leur éventuelle responsabilité pénale.



