Un climat de tension s’est installé au complexe scolaire public d’Agouna Centre, dans la commune de Djidja. Des enseignants demandent leur mutation collective, invoquant des préoccupations liées à leur sécurité après un incident survenu dans l’enceinte de l’établissement. Au cœur de la crise : un différend financier opposant le directeur d’une des écoles au bureau de l’Association des parents d’élèves (APE).
La situation est particulièrement tendue au complexe scolaire public d’Agouna Centre, dans la commune de Djidja, département du Zou. Plusieurs enseignants de l’établissement ont saisi leur hiérarchie pour solliciter une mutation collective, estimant que les conditions de sécurité nécessaires à l’exercice de leur profession ne seraient plus réunies.
À l’origine de cette démarche, un incident survenu le 15 septembre 2026. Selon le collectif des enseignants, un groupe de personnes se réclamant de l’Association des parents d’élèves aurait fait irruption dans l’enceinte de l’école avec des objets présentés comme des fétiches et autres éléments relevant de pratiques cultuelles traditionnelles. Une situation qui aurait fortement inquiété les enseignants présents.
Dans leur correspondance adressée à la hiérarchie, les enseignants expliquent avoir été surpris par cette intrusion et disent craindre pour leur sécurité. Ils considèrent que l’incident a créé un climat incompatible avec le déroulement normal des activités pédagogiques et demandent, en conséquence, leur affectation vers d’autres établissements.
Une querelle autour de 225 000 FCFA
Derrière cette crise se trouve un différend financier opposant le directeur de l’EPP Agouna A au bureau de l’APE.
Le directeur est accusé par des responsables de l’association d’avoir utilisé à des fins personnelles une somme de 225 000 FCFA appartenant à l’APE. Selon les informations publiées sur cette affaire, une plainte aurait été déposée auprès de la Brigade économique et financière (BEF) en août 2026 afin que les faits soient examinés et que les responsabilités soient établies.
Ces accusations restent toutefois contestées. Le directeur mis en cause rejette les faits qui lui sont reprochés et entend faire valoir sa version dans le cadre de la procédure en cours.
Le directeur accuse à son tour
Dans ce bras de fer, le responsable de l’établissement porte également des accusations contre certains responsables de l’APE. Il leur reproche notamment de chercher à s’approprier ou à brader une partie du domaine foncier affecté à l’école.
Cette accusation, tout comme celle portant sur les 225 000 FCFA, devra être étayée par les éléments de preuve disponibles et examinée par les autorités compétentes. Les différentes parties s’opposent ainsi sur plusieurs fronts, faisant progressivement monter la tension au sein de l’établissement.
L’école au cœur du conflit
Au-delà du différend financier, c’est désormais le fonctionnement même du complexe scolaire qui se retrouve affecté par cette crise. L’introduction présumée de fétiches dans l’enceinte de l’établissement a particulièrement marqué les enseignants, qui estiment que le cadre scolaire doit rester préservé de toute confrontation de cette nature.
Les autorités administratives et les structures compétentes sont désormais attendues pour faire la lumière sur les différents griefs formulés par les protagonistes et prendre les dispositions nécessaires à l’apaisement de la situation.
En attendant l’issue des démarches engagées, les enseignants maintiennent leur demande de mutation collective, tandis que le différend financier autour des 225 000 FCFA demeure au centre des tensions entre la direction de l’école et certains responsables de l’APE.



