L’ancienne ministre de la Famille, des Affaires sociales, de la Solidarité nationale, des Handicapés et des Personnes du troisième âge, Honorine Hounnonkpè Attikpa, établit un parallèle entre le message porté par la Première Dame Nathalie Villette-Wadagni à l’ONU et la nouvelle dynamique de développement territorial engagée au Bénin. Pour elle, la cohésion et la solidarité doivent désormais guider la manière de penser le développement national.
« Et si les Béninois restaient attentifs aux appels simultanés de la Première Dame depuis la tribune des Nations Unies et au message que porte la réforme des pôles régionaux ? » C’est autour de cette interrogation que Honorine Hounnonkpè Attikpa développe sa réflexion.
Dans un message consacré à la cohésion nationale et au développement territorial, la présidente de Dignité Féminine ONG estime que deux actualités récentes invitent à dépasser les logiques individuelles ou strictement locales : l’intervention de la Première Dame Nathalie Villette-Wadagni à New York et la mise en œuvre de la réforme des pôles régionaux de développement.
À l’ONU, le 23 septembre 2026, Nathalie Villette-Wadagni a placé la cohésion sociale au cœur de son intervention sur la résilience. Elle s’est notamment appuyée sur la symbolique de la jarre de Guézo pour illustrer l’idée selon laquelle la solidité d’un ensemble dépend de la capacité de ses composantes à rester unies.
« Penser ma région » au-delà de « ma commune »
Pour Honorine Hounnonkpè Attikpa, cette vision de la solidarité trouve un écho dans la nouvelle approche territoriale du développement.
Le gouvernement béninois a en effet engagé une dynamique d’intervention publique fondée sur la territorialisation du développement à travers six pôles régionaux. Le Débat d’orientation budgétaire 2027-2029 présente cette territorialisation comme une nouvelle logique d’intervention publique, avec notamment l’objectif de moderniser l’administration territoriale et de mieux prendre en compte les réalités des territoires.
La réforme présentée en septembre 2026 prévoit notamment six espaces de développement territorial, chacun devant disposer d’une stratégie adaptée à ses potentialités et à ses réalités. Des délégués généraux doivent également assurer le suivi de la mise en œuvre des politiques publiques au niveau de ces pôles.
C’est cette évolution qu’Honorine Hounnonkpè Attikpa invite les Béninois à regarder avec un autre prisme. Selon elle, il ne devrait plus s’agir seulement de penser « ma commune », mais également « ma région » et « mon pôle ».
La jarre de Guézo comme métaphore de la nation
Dans son analyse, l’ancienne ministre revient longuement sur la symbolique de la jarre de Guézo, devenue un puissant symbole de cohésion dans l’imaginaire politique et social béninois.
« Une jarre reste utile lorsqu’elle demeure entière », relève-t-elle en substance. Lorsqu’elle se fissure, elle perd progressivement sa capacité à conserver ce qu’elle était destinée à contenir.
Pour Honorine Hounnonkpè Attikpa, cette image peut être transposée à la nation. Les divisions, les replis et les logiques de chacun pour soi peuvent fragiliser l’ensemble, tandis que la solidarité entre les composantes d’une communauté permet de transformer les vulnérabilités individuelles en force collective.
Son raisonnement vaut également, selon elle, pour l’organisation territoriale : une région ne peut progresser durablement que si ses différentes communes savent valoriser leurs complémentarités.
Femmes et personnes handicapées au cœur de sa réflexion
L’ancienne membre du gouvernement de Boni Yayi dit avoir été particulièrement sensible au passage du discours de Nathalie Villette-Wadagni consacré aux femmes et aux personnes handicapées.
Elle y voit une invitation à ne pas laisser les catégories les plus vulnérables en marge des dynamiques de développement. Pour la présidente de Dignité Féminine ONG, la résilience ne peut donc être uniquement une affaire individuelle : elle suppose aussi la capacité de la communauté à accompagner ceux qui rencontrent davantage de difficultés.
Cette approche rejoint d’ailleurs l’un des axes annoncés dans le cadre de la territorialisation du développement : l’action publique doit prendre en compte les réalités et les besoins des populations dans les différents territoires. Le document d’orientation budgétaire 2027-2029 met notamment l’accent sur le renforcement des dispositifs de protection sociale et l’inclusion financière des femmes, des artisans et des acteurs de l’économie informelle.
« Le développement sera global ou il ne sera pas »
Au fil de son message, Honorine Hounnonkpè Attikpa défend ainsi une conception du développement qui ne se limite pas à l’accumulation de projets dans telle ou telle localité.
Pour elle, le développement doit être pensé comme un processus collectif dans lequel les territoires, les communes et les différentes composantes de la société se renforcent mutuellement.
« Le développement sera global ou il ne sera pas ! », insiste-t-elle.
Une formule qui résume sa lecture de la réforme des pôles régionaux : faire émerger une vision plus large du territoire, dans laquelle les intérêts locaux peuvent s’inscrire dans une dynamique régionale et nationale.
Une réflexion placée sous le signe de la solidarité
Pour donner une dimension spirituelle à son message, la présidente de Dignité Féminine ONG s’appuie enfin sur un passage de l’Ecclésiaste : « Deux valent mieux qu’un, parce qu’ils retirent un bon salaire de leur travail. Car s’ils tombent, l’un relève son compagnon. »
À travers cette référence biblique, elle prolonge le thème de la solidarité déjà présent dans son analyse de la cohésion nationale.
Son message établit ainsi un lien entre trois notions : solidarité, cohésion et développement territorial. Trois dimensions qu’elle considère comme indissociables dans la construction d’un Bénin capable de faire face aux défis sociaux, économiques et territoriaux.
En attendant que les contours et les effets de la réforme des pôles régionaux soient davantage connus, Honorine Hounnonkpè Attikpa invite donc à un changement de regard : ne plus penser uniquement à l’échelle de son quartier, de sa commune ou de son département, mais considérer aussi les interdépendances entre les territoires.
Une manière, selon elle, de donner un contenu concret à l’idée de fraternité et de responsabilité collective évoquée sur la scène internationale comme au niveau national.
Lire l’intégralité de son message
Et si les Béninois restaient attentifs aux appels simultanés de la Première Dame depuis la tribune des Nations Unies et au message que porte la réforme des pôles régionaux ?
Le développement sera global ou il ne sera pas.
Il est des coïncidences qui méritent notre attention.
Pendant que notre Première Dame, Mme Nathalie Villette-Wadagni, rappelait depuis la tribune des Nations Unies que la résilience est une responsabilité portée par tous, notre pays annonce une réforme qui invite à regarder au-delà du seul réflexe « ma commune » pour penser aussi « ma région » et « mon pôle ».
Un discours bien élaboré, qui ne laisse personne sans émotion, a été élégamment délivré par Mme Wadagni.
Un discours qui parle à tous. L’allusion aux femmes et aux personnes handicapées m’a particulièrement touchée.
La leçon de la jarre de Guézo est simple : une jarre reste utile lorsqu’elle demeure entière. Lorsqu’elle se fissure , allusion à tout ce qui nous divise, elle perd ce qu’elle était appelée à conserver.
Ainsi en est-il d’une nation. Le chacun pour soi ou le tout pour moi finit par fragiliser l’ensemble, tandis que la cohésion transforme la fragilité en force.
Le plus faible peut devenir plus fort lorsqu’il est porté par une communauté qui refuse de l’abandonner. Une région progresse lorsque ses communes se complètent. Une nation avance lorsque chacun comprend que le bien commun est aussi sa responsabilité.
Eh oui ! Le développement sera global ou il ne sera pas !
En attendant de revenir sur les enjeux et les promesses de la réforme des pôles régionaux, méditons:
Ecclésiaste 4, 9-10
« Deux valent mieux qu’un, parce qu’ils retirent un bon salaire de leur travail. Car s’ils tombent, l’un relève son compagnon. »
Cette invitation rejoint aussi un idéal porté par les Nations Unies : celui de la fraternité universelle, qui rappelle que notre humanité s’épanouit davantage dans la solidarité que dans l’indifférence.
Honorine HOUNNONKPÈ ATTIKPA



