Trois ans après l’un des drames routiers les plus marquants de ces dernières années au Bénin, la justice opère un tournant décisif. La Cour d’appel d’Abomey a annulé l’ordonnance de non-lieu rendue dans le dossier de l’accident de Dassa, relançant ainsi les poursuites judiciaires.
Par cette décision rendue le mardi 21 avril 2026, les juges d’appel infirment la position du juge d’instruction du premier cabinet du tribunal de Dassa-Zoumè. Conséquence directe : l’affaire retourne devant le tribunal pour un nouveau procès, dont la date reste à fixer.
Des poursuites relancées contre plusieurs mis en cause
Dans ce dossier, une demi-douzaine de personnes ainsi que la compagnie de transport Baobab Express devront désormais répondre devant la justice. Les charges sont lourdes :
- homicide involontaire,
- blessures involontaires,
- usage de faux.
Une requalification et une reprise des poursuites qui redonnent espoir aux familles des victimes, longtemps dans l’attente d’un jugement.
Pour Francis Ahouadi, parent de victimes, cette décision sonne comme un premier soulagement : une étape importante vers la manifestation de la vérité et, potentiellement, vers la reconnaissance des responsabilités.
Retour sur un drame qui avait bouleversé le pays
Le 29 janvier 2023, un bus de la compagnie Baobab Express, en provenance de Parakou et à destination de Cotonou, avait violemment percuté un camion-grue transportant un groupe électrogène. Le choc s’était produit à hauteur du village d’enfants SOS de Dassa-Zoumè.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres du 1er février 2023, le véhicule transportait 45 passagers. L’accident aurait été provoqué par l’éclatement d’un pneu avant côté chauffeur, entraînant une perte de contrôle du bus. Déporté sur la voie opposée, le véhicule avait alors heurté le camion-grue avant de s’immobiliser et de prendre feu.
Le bilan avait été particulièrement lourd :
- 20 morts, dont 19 calcinés,
- 24 blessés à des degrés divers.
Un drame d’une rare violence, qui avait profondément choqué l’opinion publique.
Une affaire loin d’être close
Avec l’annulation du non-lieu, la justice rouvre un dossier sensible, où les attentes sont fortes. Au-delà des responsabilités individuelles, c’est toute la question de la sécurité routière et du respect des normes dans le transport interurbain qui revient au cœur du débat.
Le futur procès s’annonce donc déterminant, tant pour les familles endeuillées que pour l’opinion publique, en quête de réponses claires après des années d’incertitude.
