Réunis au Ghana pour la 6ᵉ Conférence et Assemblée générale de l’AFROPAC, les parlementaires africains réfléchissent aux moyens d’améliorer le contrôle des finances publiques. Le député béninois Gérard Gbénonchi y défend notamment la création d’un référentiel africain de performance des Commissions des comptes publics.
Le Bénin entend contribuer activement à la modernisation du contrôle parlementaire en Afrique. À Accra, au Ghana, où se déroule du 2 au 5 novembre 2026 la 6ᵉ Conférence et Assemblée générale de l’Organisation africaine des Commissions des comptes publics (AFROPAC), le député Gérard Gbénonchi a porté des propositions visant à rendre les mécanismes de surveillance des finances publiques plus efficaces et davantage orientés vers les résultats.
À la tête de la délégation parlementaire béninoise, le président de la Commission des Finances et des Échanges de l’Assemblée nationale est intervenu autour du thème : « Des Commissions des comptes publics performantes : focus sur la performance ». Une occasion pour l’élu béninois de partager l’expérience de son pays et de mettre en débat les leviers susceptibles d’améliorer l’action des organes parlementaires chargés du contrôle de la gestion des ressources publiques.
Dans son exposé, Gérard Gbénonchi a défendu une conception de la performance qui va au-delà des activités formellement réalisées par les commissions. Pour lui, l’efficacité d’un organe de contrôle ne saurait être appréciée uniquement à travers le nombre de rapports étudiés ou de séances organisées. Elle doit surtout se traduire par sa capacité à relever les irrégularités, à identifier les insuffisances dans la gestion budgétaire et, surtout, à obtenir des mesures correctives concrètes.
Cette approche repose notamment sur l’appropriation des bonnes pratiques, le renforcement du contrôle de l’exécution budgétaire et le suivi rigoureux des recommandations formulées à l’issue des travaux parlementaires.
Le juriste-financier a également mis l’accent sur la nécessité de consolider les relations entre les Parlements, les Cours des comptes et les administrations publiques. À ses yeux, la complémentarité entre ces différentes institutions constitue un levier essentiel pour garantir un contrôle plus cohérent et une meilleure utilisation des deniers publics.
La transformation numérique figure aussi parmi les axes importants de cette modernisation. Le député a plaidé pour le développement d’outils permettant de centraliser les informations financières, de suivre efficacement la mise en œuvre des recommandations et d’évaluer les progrès accomplis dans la gestion publique.
Cinq propositions pour une meilleure efficacité des commissions africaines
Au terme de sa communication, Gérard Gbénonchi a soumis cinq propositions à l’appréciation des participants à cette rencontre continentale. Parmi les pistes avancées figurent l’élaboration d’un référentiel africain de performance des Commissions des comptes publics, la mise en place d’un tableau de bord commun pour assurer le suivi des recommandations ainsi que le développement de mécanismes d’évaluation entre pairs.
Ces propositions visent à favoriser une meilleure harmonisation des pratiques, à renforcer les capacités des commissions parlementaires et à instaurer une culture de résultats dans le contrôle des finances publiques à l’échelle du continent.
À travers cette contribution aux travaux de l’AFROPAC, le Bénin affiche ainsi sa volonté de prendre part à la construction de mécanismes parlementaires plus performants. L’enjeu dépasse le cadre institutionnel : il s’agit de faire du contrôle des finances publiques un véritable instrument de transparence, de redevabilité et de bonne gouvernance, avec des retombées concrètes sur la qualité de la gestion publique et les conditions de vie des populations.



