Nouveau rebondissement dans le bras de fer autour de la direction de l’arrondissement de Golo-Djigbé, dans la commune d’Abomey-Calavi. La Cour suprême a rendu, ce jeudi 10 septembre 2026, une décision qui rebat profondément les cartes dans le contentieux opposant les deux conseillers communaux issus du Bloc républicain (BR), Boco Sètondji et Bernard Gbénou.
Saisie d’un recours introduit par Boco Sètondji, la haute juridiction a annulé les actes ayant conduit à la nomination et à l’installation de Bernard Gbénou à la tête de l’arrondissement. Elle enjoint par ailleurs au préfet du département de l’Atlantique de procéder à l’installation de Boco Sètondji dans les fonctions de chef d’arrondissement dans un délai de quinze jours à compter du prononcé de la décision.
Les actes de nomination et d’installation annulés
Dans son dispositif, la Cour suprême est sans ambiguïté : « Sont annulées les décisions portant nomination et installation de Gbénou Bernard dans les fonctions de chef d’arrondissement de Golo-Djigbé ».
La haute juridiction ne s’est pas limitée à annuler les actes contestés. Elle a également ordonné à l’autorité préfectorale de procéder à l’installation de Boco Sètondji dans les mêmes fonctions, dans le délai fixé par la décision.
Cette décision met ainsi un terme, sur le plan juridictionnel, à un épisode qui avait suscité de fortes tensions autour du choix du chef d’arrondissement de Golo-Djigbé.
Le choix du parti majoritaire au cœur du contentieux
Le différend portait notamment sur le respect du choix opéré au sein de la formation politique concernée par la désignation du chef d’arrondissement.
Les deux conseillers concernés, Boco Sètondji et Bernard Gbénou, figurent parmi les élus du Bloc républicain à Golo-Djigbé. La liste des conseillers municipaux élus à Abomey-Calavi en 2026 recense d’ailleurs les deux intéressés pour cet arrondissement.
Selon les éléments retenus dans le contentieux, Boco Sètondji disposait d’un acte de nomination délivré par le Bloc républicain. La désignation de Bernard Gbénou avait, elle, été effectuée sous la bannière de l’Union progressiste le Renouveau.
C’est précisément sur cette question du respect des règles applicables à la désignation que la Cour suprême a été appelée à se prononcer. Au terme de son examen, elle a donc invalidé les actes ayant consacré l’installation de Bernard Gbénou.
Une nouvelle passation en perspective
Installé le 13 mai dernier à la tête de Golo-Djigbé, Bernard Gbénou voit ainsi son passage à la tête de l’arrondissement interrompu par la décision de la haute juridiction.
L’arrêt impose désormais une nouvelle étape : son départ des fonctions et l’installation de Boco Sètondji par le préfet de l’Atlantique dans le délai de quinze jours fixé par la Cour.
Cette décision intervient après plusieurs épisodes de tensions autour de la gestion de l’arrondissement. Boco Sètondji avait déjà occupé les fonctions de chef d’arrondissement avant son remplacement en 2025. Des contestations avaient alors porté sur sa suspension et sur la procédure suivie par les autorités communales.
Le préfet désormais attendu
Avec cette décision, la balle est désormais dans le camp de l’autorité préfectorale. Le préfet de l’Atlantique devra mettre en œuvre les prescriptions de la Cour suprême et procéder, dans le délai imparti, à l’installation de Boco Sètondji.
À Golo-Djigbé, cette décision judiciaire devrait donc ouvrir une nouvelle page dans la gouvernance de l’arrondissement, après plusieurs mois de controverse autour de son leadership.
Le prochain rendez-vous sera désormais celui de l’exécution de l’arrêt : quinze jours pour remettre Boco Sètondji à la tête de Golo-Djigbé.



