À Hêvié, dans la commune de Abomey-Calavi, une affaire de vol peu ordinaire met en lumière l’usage croissant des caméras de surveillance dans les exploitations agricoles. Un élève, accusé d’avoir dérobé des poissons dans une ferme piscicole, a été présenté devant le tribunal de première instance, où il a tenté de se défendre face aux images accablantes.
Une riposte technologique face aux vols répétés
Excédé par des disparitions récurrentes de poissons dans ses bassins, le propriétaire de la ferme, située à Hêvié, a décidé de passer à l’offensive. Il a fait installer un dispositif de vidéosurveillance dans son unité de production afin d’identifier les auteurs de ces actes.
Un choix stratégique qui va rapidement porter ses fruits. Quelques jours après l’installation, les caméras capturent un individu en pleine opération nocturne, en train de subtiliser des poissons.
Un élève formellement reconnu
À la surprise générale, l’exploitation des images permet d’identifier un élève de la localité. Interpellé puis placé en garde à vue, le jeune homme est ensuite déféré devant le tribunal d’Abomey-Calavi pour répondre des faits de vol.
À l’audience, les séquences vidéo sont versées au dossier comme principale pièce à conviction, une pratique de plus en plus fréquente dans les affaires judiciaires au Bénin.
À la barre, une défense fragile
Face au juge, le prévenu n’est pas resté silencieux. Il a tenté de minimiser les faits, voire de contester son implication, une ligne de défense déjà observée dans plusieurs dossiers où les images ne permettent pas toujours une identification formelle.
Selon ses déclarations, il ne reconnaîtrait pas clairement sa silhouette dans la vidéo, soulevant ainsi la question de la fiabilité et de la précision des images.
La justice face au défi des preuves numériques
Cette affaire relance le débat sur la valeur probante des images de vidéosurveillance devant les juridictions béninoises. Si elles constituent souvent des indices importants, elles ne suffisent pas toujours, à elles seules, à établir la culpabilité sans équivoque d’un prévenu.
Le tribunal devra donc apprécier l’ensemble des éléments du dossier avant de rendre sa décision.
Un phénomène en recrudescence
À Abomey-Calavi, les affaires de vol, qu’elles concernent des produits agricoles, des vivres ou des biens matériels, se multiplient ces derniers mois, mobilisant de plus en plus les juridictions locales.
En attendant le verdict, ce dossier illustre à la fois l’ingéniosité des victimes pour se protéger, et les limites des outils technologiques dans la manifestation de la vérité judiciaire.
