Réunis en session extraordinaire à Abomey-Calavi, les responsables du Réseau HOUNKPÈ Paul 2026 ont adopté sept résolutions consacrant la fin de la séquence électorale, la poursuite de leur engagement politique et la création de l’Alliance Nouvelle pour la République (ANR). Le nouveau mouvement entend se situer dans une logique d’indépendance, de dialogue et de responsabilité républicaine.
Le Réseau HOUNKPÈ Paul 2026 (R-HP26) change de cadre. Réuni en session extraordinaire le 19 septembre 2026 à l’hôtel Doze Plus d’Abomey-Calavi, son état-major a adopté une série de sept résolutions qui organisent la transition entre le mouvement constitué dans le contexte de la présidentielle de 2026 et une nouvelle organisation politique : l’Alliance Nouvelle pour la République (ANR).
Les résolutions, datées du 20 septembre 2026, portent successivement sur le bilan du R-HP26, l’analyse de la nouvelle situation politique et institutionnelle, l’appréciation des premiers actes de la gouvernance du président Romuald Wadagni, le positionnement politique du mouvement, la poursuite de l’engagement politique, la création de l’ANR et la mise en place de ses structures transitoires.
Le R-HP26 tire les enseignements de son parcours
Dans sa première résolution, l’état-major revient sur les conditions de création du R-HP26. Le réseau avait été constitué dans le contexte de l’élection présidentielle de 2026 pour contribuer à la mobilisation autour de la candidature de Paul HOUNKPÈ.
Les responsables du mouvement mettent en avant le travail réalisé sur le territoire national en matière d’organisation, de mobilisation, de formation et de coordination des acteurs engagés.
Ils considèrent que cette expérience a permis de faire émerger un réseau politique et humain dépassant le seul cadre de la campagne électorale.
L’état-major prend ainsi acte du bilan politique et organisationnel du R-HP26, salue l’engagement de ses responsables, animateurs et militants et estime que l’expérience accumulée constitue un « capital politique et humain » à préserver et à valoriser.
Surtout, il affirme que la fin de la mission électorale ne signifie pas la fin de l’engagement politique de ses membres.
Pluralisme, libertés publiques et participation citoyenne au cœur des préoccupations
La deuxième résolution est consacrée à l’évolution de la situation politique et institutionnelle du Bénin.
L’état-major prend acte des transformations intervenues dans le pays, notamment de la nouvelle configuration institutionnelle, de l’installation du Sénat et de l’évolution du système partisan.
Dans le même temps, il affirme la nécessité de préserver plusieurs principes : stabilité des institutions, État de droit, pluralisme politique, libertés publiques et participation citoyenne.
Pour les responsables du R-HP26, la consolidation institutionnelle doit également s’accompagner d’un renforcement de la confiance des citoyens dans la République.
Le mouvement appelle ainsi à une démocratie dans laquelle stabilité, pluralisme, responsabilité et alternance puissent, selon les termes de la résolution, « se renforcer mutuellement ».
La participation citoyenne est par ailleurs présentée comme l’un des principaux enjeux de la prochaine étape de la vie politique nationale.
Le R-HP26 porte une appréciation favorable sur certaines orientations de Wadagni
La troisième résolution concerne directement les premiers actes de la gouvernance du président Romuald Wadagni.
L’état-major affirme avoir identifié, dans les premières orientations de la nouvelle gouvernance, des éléments qui rejoignent certaines préoccupations, propositions et engagements défendus par le R-HP26 pendant la campagne présidentielle autour de la candidature de Paul HOUNKPÈ.
Sur cette base, le mouvement exprime une appréciation favorable lorsque les orientations gouvernementales correspondent aux préoccupations et propositions qu’il avait précédemment défendues.
Mais la résolution apporte immédiatement une précision sur la portée de cette position.
L’état-major considère que reconnaître des décisions jugées conformes à l’intérêt général ne saurait être assimilé à un soutien automatique au pouvoir.
«« Une organisation politique responsable doit savoir reconnaître les décisions qui correspondent à l’intérêt général, indépendamment de leur origine politique », affirme la résolution.»
Le mouvement encourage par ailleurs le gouvernement à poursuivre les actions susceptibles d’améliorer concrètement les conditions de vie des populations et de renforcer l’efficacité de l’État.
Dans le même temps, il réaffirme son droit à évaluer, critiquer et proposer sur l’ensemble des politiques publiques.
Une ligne d’indépendance politique revendiquée
Cette position trouve son prolongement dans la quatrième résolution, consacrée au positionnement politique du mouvement.
L’état-major décide d’adopter une ligne d’indépendance politique, de responsabilité républicaine et de disponibilité au service de la Nation.
Le principe retenu est celui d’une liberté d’appréciation des politiques publiques. Le mouvement pourra soutenir une politique lorsqu’elle sera conforme à ses convictions et à ce qu’il considère comme l’intérêt général. Il pourra également formuler des propositions ou exprimer son opposition lorsqu’il l’estimera nécessaire.
Le dialogue et la coopération avec les différents acteurs politiques et sociaux sont également prévus.
La résolution fixe surtout une ligne qui se veut distincte des postures permanentes de soutien ou d’opposition : le mouvement affirme qu’il ne se définit « ni comme une opposition systématique ni comme un soutien permanent au pouvoir ».
Toute éventuelle proposition de participation à l’action gouvernementale ou publique pourra, précise encore le document, être examinée en fonction des convictions du mouvement, de ses propositions et de l’intérêt supérieur de la Nation.
Les membres veulent prolonger leur engagement
La cinquième résolution acte la volonté de poursuivre l’engagement politique collectif au-delà de la présidentielle de 2026.
Selon le document, l’expérience du R-HP26 a fait émerger une communauté de convictions, de compétences et d’engagements qui dépasse le cadre de la campagne électorale.
L’objectif est désormais de transformer cette expérience en une démarche politique durable.
Le nouveau projet doit être construit autour de plusieurs principes énoncés dans la résolution : République, citoyenneté, liberté, justice, pluralisme et responsabilité.
La Coordination nationale est chargée de traduire ces orientations dans un projet politique durable et de conduire le processus de transformation organisationnelle.
L’Alliance Nouvelle pour la République officiellement créée
La sixième résolution constitue le point central de la session extraordinaire.
L’état-major décide officiellement la création de l’Alliance Nouvelle pour la République, en abrégé ANR.
Cette nouvelle organisation doit offrir un cadre distinct de celui du R-HP26, créé pour la séquence présidentielle.
L’ANR est présentée comme « l’aboutissement politique » de l’expérience collective acquise dans le cadre du réseau et comme l’ouverture d’une nouvelle étape de l’engagement de ses membres.
Les orientations issues de la session extraordinaire sont retenues comme fondements politiques de la nouvelle organisation.
L’ANR entend inscrire son action dans la durée et participer pleinement à la vie politique nationale.
Une organisation transitoire avant le congrès constitutif
La septième résolution fixe les premières modalités de mise en place de l’ANR.
Pour assurer une transition ordonnée entre le R-HP26 et la nouvelle organisation, l’état-major approuve la création d’une Assemblée politique transitoire et d’une Coordination nationale transitoire.
La composition du Bureau de la Coordination nationale transitoire est également approuvée.
Les responsables adoptent par ailleurs les Statuts transitoires ainsi que le Règlement intérieur transitoire de l’ANR.
Ces structures auront pour mission d’assurer l’implantation progressive de la nouvelle organisation sur l’ensemble du territoire national.
La Coordination nationale transitoire est également chargée de préparer le Congrès constitutif de l’ANR, étape devant permettre de mettre en place les structures définitives du mouvement.
Les membres et sympathisants du R-HP26 qui se reconnaissent dans les orientations adoptées sont invités à participer à cette nouvelle phase de construction politique.
De HOUNKPÈ Paul 2026 à l’ANR
À travers ces sept résolutions, l’état-major du R-HP26 formalise donc une transformation qui dépasse le simple changement de dénomination.
Le réseau, né autour d’une échéance électorale précise, entend désormais se doter d’un cadre politique permanent. La nouvelle organisation revendique une liberté d’appréciation de l’action publique, se dit ouverte au dialogue et à la coopération et entend pouvoir soutenir, proposer ou s’opposer en fonction de ses convictions et de son appréciation de l’intérêt général.
Les résolutions adoptées constituent, selon leurs auteurs, la feuille de route politique et organisationnelle de cette nouvelle étape.
Le R-HP26 entend ainsi conserver l’expérience acquise pendant la présidentielle tout en l’inscrivant dans une structure nouvelle : l’Alliance Nouvelle pour la République.
La prochaine échéance annoncée est désormais la mise en place effective des structures transitoires et la préparation du congrès constitutif appelé à donner à l’ANR son organisation définitive.



