Le monde syndical béninois est secoué par une affaire judiciaire impliquant Maxime Agossou-Vè. Le syndicaliste a été placé en détention provisoire jeudi 6 août 2026, après son passage à la Brigade économique et financière (BEF) d’Agblangandan. Il est poursuivi, selon les informations recueillies, pour des faits présumés d’extorsion de fonds, de menaces et de tentative d’escroquerie.
Une affaire judiciaire vient assombrir le parcours de l’un des visages connus du syndicalisme enseignant au Bénin. Maxime Agossou-Vè, instituteur de formation et ancien responsable de la Centrale des syndicats leaders du Bénin (CSLB), a été placé sous mandat de dépôt jeudi 6 août 2026, à l’issue de sa garde à vue à la Brigade économique et financière d’Agblangandan, dans la commune de Sèmè-Podji.
Le syndicaliste devra répondre devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) de faits qui lui sont reprochés. D’après les informations recueillies, l’affaire serait née d’un différend opposant Maxime Agossou-Vè à un enseignant.
Une affaire de « ristourne » à l’origine de la plainte
Selon les éléments rapportés dans le cadre de la procédure, le différend serait lié à une mission que le syndicaliste aurait contribué à obtenir pour l’enseignant concerné. Cette mission aurait permis à ce dernier de percevoir une somme de 200 000 francs CFA.
C’est à la suite de cette opération qu’un désaccord aurait éclaté entre les deux hommes. Maxime Agossou-Vè aurait réclamé à l’enseignant une somme de 50 000 francs CFA, présentée comme une ristourne.
Face à l’insistance et aux menaces qu’il affirme avoir subies, l’enseignant aurait décidé de saisir les autorités compétentes et de déposer une plainte contre le syndicaliste.
Des enregistrements et une interpellation
L’affaire aurait ensuite pris une nouvelle tournure lorsque le plaignant s’est rendu au bureau de Maxime Agossou-Vè. Une altercation verbale aurait éclaté entre les deux hommes, le syndicaliste demandant à l’enseignant de quitter les lieux.
Selon les informations recueillies, des éléments de police se trouvaient alors dans les environs. Ils auraient suivi la scène et procédé à l’interpellation du syndicaliste.
Cette intervention serait venue compléter les éléments déjà versés au dossier, notamment des enregistrements audio présentés comme des éléments de preuve par le plaignant.
Après son interpellation, Maxime Agossou-Vè a été conduit dans les locaux de la Brigade économique et financière à Agblangandan, où il a été placé en garde à vue avant d’être présenté aux autorités judiciaires.
Un passage annoncé devant la CRIET
À l’issue de la procédure, le syndicaliste a été placé en détention. Son dossier devrait être examiné par la CRIET le 17 août 2026.
Il appartiendra donc à la juridiction de se prononcer sur les faits qui lui sont reprochés et sur les responsabilités éventuelles dans cette affaire. À ce stade, les accusations formulées contre le syndicaliste restent des faits poursuivis dans le cadre d’une procédure judiciaire et ne sauraient être assimilées à une condamnation définitive.
Un syndicaliste bien connu du monde enseignant
Cette affaire intervient alors que Maxime Agossou-Vè possède une longue expérience dans le mouvement syndical béninois, particulièrement dans le secteur de l’éducation.
Instituteur de formation, il s’est progressivement imposé comme une figure du syndicalisme enseignant. En juin 2024, il avait été réélu à la tête de la CSLB pour un mandat de cinq ans.
Quelques mois plus tard, en janvier 2025, la CSLB a toutefois décidé de sa dissolution au terme d’une assemblée générale, ses organisations de base optant pour une affiliation à l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (UNSTB).
Maxime Agossou-Vè avait déjà été au centre de débats dans le mouvement syndical. En mars 2018, il avait notamment été suspendu du bureau directeur de l’UNSTB à la suite d’une controverse liée à la suspension d’une motion de grève dans le secteur de l’enseignement.
Son parcours syndical est ainsi marqué par plusieurs épisodes qui l’ont régulièrement placé au cœur des débats sur l’avenir du syndicalisme enseignant.
Une nouvelle épreuve judiciaire
L’affaire actuelle constitue toutefois un tournant d’une autre nature. Pour le syndicaliste, l’enjeu est désormais judiciaire.
En attendant l’audience annoncée du 17 août 2026, les éléments du dossier devront être examinés par la juridiction compétente afin de déterminer la réalité des faits dénoncés, leur qualification juridique et les éventuelles responsabilités.
Cette affaire intervient dans un contexte où la question de l’éthique, de la responsabilité et de la transparence dans l’exercice des responsabilités syndicales demeure particulièrement sensible au sein du monde du travail béninois.



