Moins de deux semaines après son investiture à la tête du Bénin, le président Romuald Wadagni imprime déjà sa marque. Réuni ce mercredi 3 juin 2026, le Conseil des ministres a adopté une série de mesures à forte portée sociale qui témoignent de la volonté du nouveau chef de l’État de faire du bien-être des populations une priorité de son septennat.
Alors que beaucoup l’attendaient principalement sur les questions économiques et financières, en raison de son parcours à la tête du ministère de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni semble avoir choisi d’ouvrir son mandat par des actions directement orientées vers les préoccupations quotidiennes des citoyens. Éducation, conditions de vie des étudiants, protection des personnes vulnérables et amélioration de l’accès aux services sociaux de base figurent désormais parmi les premiers chantiers de la nouvelle gouvernance.
La mesure la plus emblématique annoncée lors de ce Conseil des ministres est sans conteste l’extension de la gratuité de la scolarité à toutes les filles inscrites dans les établissements publics d’enseignement secondaire général et technique du pays. À compter de la rentrée scolaire 2026-2027, les jeunes filles bénéficieront de cette mesure de la classe de sixième jusqu’en terminale.
Cette décision constitue une avancée majeure dans la politique d’inclusion éducative du gouvernement. Elle vise non seulement à alléger les charges des familles, mais aussi à lutter contre les abandons scolaires et à favoriser le maintien des jeunes filles dans le système éducatif jusqu’à la fin du cycle secondaire.
Dans le même élan, le gouvernement a annoncé une enveloppe exceptionnelle de 20 milliards de francs CFA destinée à accélérer l’accès à l’eau potable et à l’électricité dans les établissements scolaires publics. Une mesure qui répond à une réalité encore préoccupante dans plusieurs localités où les conditions d’apprentissage demeurent difficiles faute d’infrastructures adéquates.
L’enseignement supérieur figure également parmi les priorités affichées. Conscient des difficultés auxquelles sont confrontés les étudiants au quotidien, le gouvernement a décidé de mettre en place un comité spécialement chargé de réfléchir à l’amélioration des œuvres universitaires.
Transport, hébergement et restauration universitaire constituent les trois axes prioritaires confiés à cette instance. Le comité devra proposer des solutions concrètes afin de permettre une amélioration sensible des conditions de vie des étudiants dès la prochaine rentrée académique. Une annonce qui a déjà été saluée par la Fédération nationale des étudiants du Bénin (FNEB), laquelle promet de suivre de près les travaux engagés.
Au-delà du secteur éducatif, le Conseil des ministres a également mis l’accent sur plusieurs mesures destinées à renforcer la protection sociale. La loi de finances rectificative prévoit notamment des ressources pour soutenir l’assurance maladie obligatoire, améliorer la prise en charge des personnes en situation de mendicité ainsi que celle des enfants de la rue.
Des investissements sont également annoncés pour la réalisation de points d’eau dans les écoles et centres de santé, ainsi que pour le renforcement des programmes de supplémentation nutritionnelle au profit des enfants durant leurs mille premiers jours de vie, une période cruciale pour leur développement physique et intellectuel.
Pris dans leur ensemble, ces différents engagements dessinent les contours d’une gouvernance qui entend placer l’humain au centre de l’action publique. Ils traduisent également la volonté du nouveau président de donner un contenu concret à la promesse d’une croissance économique plus inclusive et davantage tournée vers l’amélioration des conditions de vie des populations.
Certes, les attentes restent fortes et les résultats seront jugés à l’épreuve de leur mise en œuvre effective. Mais pour de nombreux observateurs, ce premier Conseil des ministres à forte coloration sociale constitue déjà un signal politique fort.
En choisissant d’agir dès les premières semaines de son mandat sur l’éducation, les œuvres universitaires et la protection des couches les plus vulnérables, Romuald Wadagni semble vouloir envoyer un message clair : le développement économique ne saurait être une fin en soi s’il ne se traduit pas par des progrès tangibles dans le quotidien des citoyens.
Pour beaucoup de Béninois, les décisions du Conseil des ministres du 3 juin 2026 marquent ainsi le début d’une nouvelle dynamique. Une dynamique où la croissance, l’inclusion et la solidarité pourraient désormais avancer de concert. En somme, pour nombre d’observateurs, l’heure du véritable social semble avoir sonné.



