Lors de la séance plénière de l’Assemblée nationale du mardi dernier , le député Woroucoubou, membre du parti d’opposition Les Démocrates, a déposé une question orale à l’adresse du gouvernement pour obtenir des explications sur l’interpellation de son collègue, Soumaïla Sounon Boké, également député de la même formation politique, dans le cadre de l’enquête sur la récente tentative de coup d’État.
Mardi 16 décembre, le parlementaire Soumaïla Sounon Boké a été interpellé par des éléments de la police républicaine à Cotonou alors que l’Assemblée nationale était en pleine session, a rapporté plusieurs sources locales. L’arrestation du député, survenue dans le contexte des enquêtes liées à la tentative de renversement du gouvernement survenue début décembre 2025, a suscité une vive réaction au sein de l’opposition.
Dans sa prise de parole au perchoir, le député Woroucoubou a demandé au gouvernement de clarifier les raisons de cette interpellation, soulignant que selon la Constitution béninoise, un député en exercice bénéficie de l’immunité parlementaire qui protège contre toute arrestation ou poursuite sans autorisation préalable de l’Assemblée nationale. Il a exigé de savoir sur quelles bases légales et procédures cette arrestation a pu être effectuée sans levée d’immunité.
Le député de l’opposition a également mis en avant les inquiétudes de son groupe politique quant à une possible violation des droits et libertés fondamentales : « Comment expliquer qu’un élu de la Nation, protégé par l’immunité, soit arrêté en pleine session parlementaire, sans que l’Assemblée ne soit saisie et que sa levée d’immunité soit votée ? » a-t-il insisté, appelant à la transparence et au respect strict de l’État de droit.
Dans leurs déclarations publiques rendues au lendemain de l’arrestation, Les Démocrates ont dénoncé une interpellation « arbitraire » et politiquement motivée, estimant qu’elle constitue une entrave grave à la liberté d’action politique et une violation manifeste de l’immunité parlementaire. Le parti a exigé la libération immédiate de l’honorable Soumaïla Sounon Boké et appelé ses militants à rester vigilants face à ce qu’il qualifie d’« atteinte à la démocratie » en période électorale.
À ce stade, aucune déclaration officielle du gouvernement ou du ministère de la Justice n’a été publiée sur les motifs précis de l’interpellation du député ou sur une éventuelle procédure de levée d’immunité engagée. Les autorités béninoises restent cependant sous pression pour fournir des éclaircissements à l’opinion publique et aux parlementaires.
Cette affaire intervient dans un climat politique déjà tendu au Bénin, marqué par la récente tentative de coup d’État et une série de mesures juridiques et sécuritaires accrues, alors que le pays se dirige vers les élections législatives de janvier 2026.






