L’ère de la guerre technologique s’impose progressivement au Bénin. Ce jeudi 16 avril 2026, l’École nationale des sous-officiers (Enso) de Ouidah a franchi un cap historique en consacrant la toute première promotion de sous-officiers opérateurs de drones, à l’issue d’une cérémonie solennelle de remise d’épaulettes.
Organisé sous la présidence du Général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi, chef d’état-major général des Forces armées béninoises, l’événement s’est déroulé dans une atmosphère à la fois empreinte de fierté et de recueillement. Une minute de silence a d’ailleurs été observée en mémoire des soldats tombés au front, rappelant le contexte sécuritaire exigeant dans lequel s’inscrit cette initiative.
Au total, cent jeunes militaires, dont quatre femmes, ont officiellement intégré le corps des sous-officiers, marquant l’aboutissement de la phase militaire de leur formation. Une étape décisive qui consacre également l’entrée du Bénin dans une nouvelle dimension stratégique : celle de l’intégration des drones dans les opérations de défense et de sécurité.
Prenant la parole, le Lieutenant-colonel Fidèle Toudonou, commandant de l’Enso, a salué un tournant majeur dans la doctrine militaire nationale. Il a insisté sur le rôle désormais central des drones dans la lutte contre les menaces contemporaines, notamment le terrorisme et les formes asymétriques de conflit. « L’usage des drones n’est plus une option, mais une nécessité opérationnelle », a-t-il martelé.
Lancé le 19 mai 2025, ce premier Cours de sous-officiers opérateurs de drones (CSOOD) a représenté un défi inédit pour l’institution. Pendant douze mois, les stagiaires ont suivi un programme intensif combinant formation militaire classique à Ouidah et spécialisation technique à la Base aérienne de Cana. Ils y ont été initiés à la manipulation de drones multicoptères et d’aéronefs à décollage et atterrissage vertical (VTOL), tout en renforçant leurs compétences en tactique, topographie, armement et tir de combat.
À ces enseignements se sont ajoutés des modules spécialisés adaptés aux réalités du terrain : sauvetage au combat, lutte contre les engins explosifs improvisés, combat en zone urbaine et aguerrissement commando. Résultat : un taux de réussite de 100 %, signe de l’engagement et de la rigueur de cette première promotion.
Dans une dynamique d’innovation continue, le commandement de l’Enso a annoncé la mise en place prochaine d’une cellule dédiée aux opérations drones. Cette structure permettra d’intégrer pleinement ces nouveaux outils dans les exercices tactiques et les stratégies opérationnelles. En attendant, les apprenants ont déjà fait preuve d’ingéniosité en utilisant leurs propres équipements pour simuler des missions de reconnaissance et d’attaque, une approche inspirée d’expériences internationales, notamment en France.


La formation des nouveaux sous-officiers ne s’arrête pas là. Elle se poursuivra à Cana, où ils approfondiront leur expertise afin d’optimiser l’efficacité des opérations militaires, tout en réduisant les risques de dommages collatéraux. À terme, ils seront mobilisés pour des missions de surveillance du territoire, de collecte de renseignement, d’appui aux opérations et de guidage des feux.
Clôturant la cérémonie, le Lieutenant-colonel Fidèle Toudonou a rappelé aux récipiendaires la portée de leur engagement : « Vous êtes désormais les ambassadeurs de l’Enso et de ses valeurs ». Un message fort, adressé à une génération appelée à incarner la modernisation des Forces armées béninoises.
La cérémonie a connu la présence de plusieurs membres du haut commandement militaire, ainsi que d’officiers généraux et supérieurs des forces de défense et de sécurité, venus témoigner de l’importance stratégique de cette première promotion.
Avec cette avancée, le Bénin confirme sa volonté d’adapter son outil de défense aux exigences du monde contemporain, où la maîtrise de la technologie constitue désormais un levier essentiel de souveraineté et de sécurité.
