Le Directeur général de la Police républicaine, l’Inspecteur général de police de deuxième classe Brice Kokou Allowanou, hausse le ton contre les pratiques de corruption et de rançonnement qui continuent d’entacher l’image des forces de sécurité. Dans une déclaration solennelle rendue publique ce lundi 27 juillet 2026 à Cotonou, le patron de la Police républicaine a annoncé une série de mesures destinées à mettre fin aux dérives de certains agents, tout en invitant les populations à jouer un rôle actif dans la dénonciation des auteurs de ces actes.

Face aux médias, le Directeur général n’a pas caché sa préoccupation. Selon lui, les actes de corruption et de rançonnement commis par certains policiers constituent une menace pour la crédibilité de l’institution et fragilisent la relation de confiance entre les forces de l’ordre et les citoyens.
Une réforme engagée depuis plusieurs années
Le responsable de la Police républicaine a rappelé que, depuis 2016, le gouvernement a engagé d’importantes réformes pour mettre fin aux anciennes pratiques de tracasseries routières. Les barrages routiers ont été démantelés au profit de patrouilles de sécurisation sur les principaux corridors du pays.
Cette modernisation s’est poursuivie avec le projet SECUROUTE, destiné à renforcer la sécurité routière à travers une application plus rigoureuse du Code de la route. Caméras-piétons, radars de contrôle de vitesse et mécanismes de surveillance interne ont progressivement été déployés afin de professionnaliser les interventions des policiers.
Malgré ces investissements, Brice Kokou Allowanou reconnaît que certains fonctionnaires persistent à détourner leur mission en exigeant illégalement de l’argent aux usagers.
« La Police républicaine ne saurait tolérer ces dérives », a-t-il martelé, rappelant que la vocation première de l’institution demeure la protection des personnes et des biens dans le respect de la loi.
Tolérance zéro contre les policiers indélicats
Le Directeur général annonce désormais une ligne de conduite sans concession.
Tout policier surpris en flagrant délit de rançonnement fera immédiatement l’objet de sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’à la radiation, sans préjudice des poursuites pénales prévues par les textes en vigueur.
La responsabilité des supérieurs hiérarchiques sera également engagée. Les commissaires et commandants dont les unités seront régulièrement impliquées dans de tels comportements devront répondre de leurs manquements en matière de commandement.
Les citoyens invités à dénoncer
Pour rendre cette politique plus efficace, la Police républicaine appelle les populations à signaler systématiquement les abus.
Les dénonciations pourront être accompagnées de photos, vidéos ou témoignages et transmises via les numéros verts mis à disposition :
117 : Police républicaine ;
166 : Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique ;
155, 01 52 33 33 33 et 01 69 19 00 00 : Présidence de la République.
Le Directeur général assure que la confidentialité des dénonciateurs sera entièrement garantie.
« Exigez le procès-verbal, refusez de négocier »
S’adressant directement aux usagers de la route, Brice Kokou Allowanou les exhorte à ne plus alimenter les pratiques de corruption.
« Exigez le procès-verbal. Exigez le reçu. Refusez de négocier », a-t-il lancé, estimant que la lutte contre le rançonnement ne peut être gagnée sans l’engagement des citoyens.
Dans le même temps, il rappelle aux fonctionnaires de police le serment qu’ils ont prêté : servir avec honneur, dignité, intégrité et probité.
Le Directeur général révèle par ailleurs que plusieurs dossiers de rançonnement sont actuellement en cours de traitement et annonce que les premières sanctions devraient intervenir dans les prochains jours.
Restaurer la confiance
À travers cette sortie publique, la Direction générale de la Police républicaine entend envoyer un message clair : les comportements contraires à l’éthique ne seront plus tolérés au sein de l’institution.
L’objectif affiché est de restaurer durablement la confiance entre la Police républicaine et les populations, condition indispensable à la consolidation d’une véritable police de proximité et à une sécurité efficace sur l’ensemble du territoire national.



