Réseaux sociaux, viralité, fake news, deepfakes, protection des données et hygiène numérique. Du 1er au 3 septembre 2026, les 7e, 8e et 9e webinaires du projet « Ma Voix Compte : Protéger et amplifier la voix des jeunes sur Internet » ont permis aux participants d’approfondir leur compréhension des usages et des risques liés à l’espace numérique.
Portée par l’ONG Amicale pour le Développement Durable (APDD), l’initiative s’inscrit dans une démarche de sensibilisation des jeunes aux droits numériques, à la cybersécurité, à la lutte contre la désinformation et à l’exercice responsable de la liberté d’expression en ligne. Le projet prévoit une série de 21 webinaires consacrés aux différentes dimensions de la citoyenneté numérique.
Animées sur Google Meet par Faïssol ADENIRAN, expert en liberté d’expression et droit du numérique, les trois sessions ont été conduites avec l’intervention de Phylemond DOSSOU, juriste du numérique et des affaires, spécialiste de la protection des données et de la cybersécurité. Elles ont respectivement réuni 25, 20 et 20 participants.
De la quête de visibilité aux risques liés à l’exposition
Le 1er septembre, le septième webinaire a porté sur le thème « Réseaux sociaux, visibilité, influence et risques cachés ».
L’expert a commencé par revenir sur la notion de réseau social, présenté comme une plateforme permettant notamment de créer un profil, d’interagir avec d’autres utilisateurs et de développer une communauté. Il a également apporté des précisions sur la différence entre un réseau social, un moteur de recherche et une plateforme hybride comme YouTube.
Une large partie de la présentation a été consacrée au fonctionnement des algorithmes. Selon l’expert, les comportements des internautes influencent largement les contenus qui leur sont proposés. Les publications courtes, émotionnelles, surprenantes, controversées ou fortement engageantes peuvent ainsi bénéficier d’une importante exposition.
Cette logique peut toutefois entraîner plusieurs effets indésirables : répétition de contenus, enfermement dans des chambres d’écho, manipulation cognitive ou encore accoutumance à certains types de contenus.
L’expert a surtout attiré l’attention des participants sur les conséquences possibles d’une publication devenue virale. Une photographie, une vidéo ou un commentaire publié dans un contexte particulier peut continuer à circuler longtemps après sa mise en ligne et réapparaître dans un cadre professionnel ou personnel.
Pour éviter les mauvaises surprises, il a proposé cinq questions à se poser avant toute publication : le contenu est-il vrai ? Est-il réellement nécessaire ? Qui pourrait le voir ? Que révèle-t-il sur soi ou sur une autre personne ? Et serait-on toujours prêt à l’assumer dans cinq ans ?
Des cas pratiques ont permis aux participants d’appliquer ces principes à différentes situations, notamment une photo géolocalisée prise devant son domicile, un écran d’ordinateur professionnel affichant des informations confidentielles, une publication concernant un employeur ou encore une vidéo humoristique.
L’exercice a également conduit les participants à s’interroger sur leur propre empreinte numérique, notamment à travers une recherche de leur nom sur Google.
Fake news et deepfakes : comprendre avant de partager
Le lendemain, mercredi 2 septembre, le huitième webinaire a été consacré aux « Fake news, deepfakes et manipulation de l’opinion ».
La session a permis de distinguer plusieurs phénomènes susceptibles de perturber la perception de l’information sur Internet. L’expert a notamment expliqué la différence entre une fausse information, un contenu manipulé grâce à l’intelligence artificielle et les mécanismes destinés à influencer les perceptions ou les comportements d’un public.
La fake news a été présentée comme une information fausse ou trompeuse diffusée dans le but d’induire le public en erreur ou d’influencer ses réactions. Le deepfake, quant à lui, repose sur des techniques permettant de modifier ou de générer des contenus audio, vidéo ou visuels de manière à faire croire qu’une personne a dit ou fait quelque chose qui ne correspond pas à la réalité.
L’expert a également distingué mésinformation, désinformation et ingérence étrangère, trois réalités qui peuvent se retrouver au cœur des phénomènes de manipulation de l’information.
Un autre point important a concerné les mécanismes émotionnels exploités par les contenus trompeurs. La peur, la colère, l’indignation ou encore le sentiment d’urgence peuvent pousser les internautes à partager rapidement un contenu sans prendre le temps de le vérifier.
Face à ces risques, Phylemond DOSSOU a recommandé de ne pas confondre popularité et fiabilité. Le nombre de partages, de commentaires ou la notoriété de la personne ayant transmis une information ne constituent pas, à eux seuls, une preuve de véracité.
Il a donc invité les participants à vérifier systématiquement l’auteur, la source originale, la date de publication, les éléments de preuve disponibles et la concordance de l’information avec d’autres sources indépendantes.
Les échanges ont prolongé cette réflexion. Des participants ont notamment insisté sur l’importance de remonter à la source première d’une information avant de la partager. À la question du délai à observer avant de relayer une information spectaculaire, l’expert a rappelé qu’il n’existe pas de nécessité à céder à la pression de l’instant : mieux vaut prendre le temps de vérifier que contribuer à la propagation d’une information erronée.
Hygiène numérique : les réflexes qui peuvent protéger
Le troisième rendez-vous, tenu le jeudi 3 septembre, a marqué la clôture des interventions de Phylemond DOSSOU dans cette séquence du programme. Il était consacré à l’hygiène numérique.
L’expert a rappelé que les données personnelles constituent une ressource particulièrement sensible. Leur compromission peut exposer les utilisateurs à différents risques, notamment l’usurpation d’identité, le harcèlement en ligne, les escroqueries, les pertes financières ou encore l’atteinte à leur réputation.
L’un des premiers réflexes recommandés consiste à maintenir une distinction entre vie privée et activité professionnelle. L’expert a notamment conseillé aux participants d’utiliser, lorsque cela est pertinent, une adresse électronique dédiée à leurs activités professionnelles ou associatives et d’éviter de rendre publics des éléments personnels susceptibles de faciliter leur localisation ou leur identification.
La sécurisation des comptes a également occupé une place importante dans les échanges. Mots de passe robustes et différents, double authentification, gestionnaire de mots de passe, sauvegarde régulière des fichiers et mise à jour des systèmes figurent parmi les mesures préventives mises en avant.
Une vigilance particulière a aussi été recommandée lors de l’utilisation de réseaux Wi-Fi publics pour des opérations sensibles et lors de la saisie d’informations personnelles sur des sites non sécurisés.
L’expert a enfin évoqué les situations de cyberharcèlement et de sextorsion. En pareil cas, il a insisté sur la nécessité de conserver les preuves électroniques et de se rapprocher des structures compétentes afin de signaler les faits.
Un témoignage pour mesurer les risques concrets
Les échanges avec les participants ont permis de passer de la théorie à des situations vécues.
Mme Laurita ZONON a notamment relaté une expérience liée à la perte de son téléphone portable. La personne ayant retrouvé l’appareil aurait ensuite utilisé les contacts disponibles pour envoyer des messages frauduleux et solliciter de l’argent en son nom.
Ce témoignage a permis de rappeler plusieurs gestes à effectuer rapidement après la perte ou le vol d’un téléphone : verrouillage à distance de l’appareil, révocation des sessions actives, sécurisation des comptes et information des proches susceptibles d’être contactés par un éventuel usurpateur.
La langue comme outil d’inclusion
Au-delà des contenus techniques, les trois séances ont également été marquées par une volonté d’accessibilité.
À plusieurs reprises, le modérateur Faïssol ADENIRAN a repris les principaux enseignements des échanges en langue yoruba, afin de faciliter leur appropriation par les participants. Cette approche plurilingue s’inscrit dans la logique de sensibilisation communautaire portée par le projet.
La démarche rejoint les objectifs plus larges de « Ma Voix Compte », qui entend développer une culture numérique permettant notamment aux jeunes de mieux comprendre leurs droits, leurs responsabilités et les risques liés à leurs pratiques en ligne. Le projet prévoit également des actions de sensibilisation et de plaidoyer autour de la liberté d’expression, de la cybersécurité, de la vérification de l’information et de l’analyse critique des contenus.
De la visibilité à la responsabilité numérique
À travers ces trois sessions, le message central apparaît clairement : être visible sur Internet implique aussi de savoir protéger son identité, ses données et sa réputation.
La recherche de viralité ne doit donc pas faire oublier les conséquences possibles d’une publication. De même, face à la multiplication des contenus manipulés, la rapidité de partage ne peut se substituer à la vérification.
Les 7e, 8e et 9e webinaires ont ainsi progressivement conduit les participants de la compréhension des mécanismes de visibilité sur les réseaux sociaux à l’identification des manipulations de l’information, avant d’aboutir aux pratiques quotidiennes de protection numérique.
Cette séquence vient renforcer une dynamique déjà engagée par l’APDD à travers le projet « Ma Voix Compte », dont les actions portent notamment sur la sensibilisation des jeunes aux droits numériques, à la cybersécurité et à la lutte contre la désinformation.
À l’issue de ces trois rencontres, les participants disposent ainsi de repères supplémentaires pour publier avec discernement, vérifier avant de partager et adopter des réflexes simples pour mieux sécuriser leur présence en ligne.
Le présent webinaire est disponible et téléchargeable sur YouTube via le lien :



