L’Assemblée nationale du Bénin a officiellement ouvert sa première session ordinaire de l’année 2026 dans un contexte marqué à la fois par le renouvellement des instances et par des ajustements significatifs au sein de l’hémicycle. Cette rentrée parlementaire, adossée à l’installation du président de la 10ᵉ législature, a donné lieu à une recomposition partielle de la représentation nationale.
Au cœur de cette séquence institutionnelle, trois députés titulaires élus lors des législatives du 11 janvier 2026 ont fait le choix de se retirer de l’Assemblée pour demeurer à leurs fonctions au sein de l’appareil d’État. Il s’agit de Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État chargé du Développement et de la Coordination de l’action gouvernementale, de Hermann Orou Takou, cadre du ministère de l’Économie et des Finances, et de Shadiya Alimatou Assouman, ministre de l’Industrie et du Commerce.
Ce retrait s’inscrit dans le respect du principe d’incompatibilité entre fonctions gouvernementales et mandat parlementaire, consacré par le cadre institutionnel béninois afin de garantir l’équilibre des pouvoirs et prévenir tout conflit d’intérêts . En optant pour la continuité de leurs responsabilités exécutives, ces personnalités confirment la primauté accordée à l արդյունավետ de l’action gouvernementale.
Conformément aux dispositions du Code électoral, leurs suppléants ont été appelés à siéger sans délai. Ainsi, Amadou Idrissou, Issifou Boubacar et Karim Tidjiani Mounifa ont été officiellement installés en qualité de députés, incarnant la relève au sein de la 10ᵉ législature. Au Bénin, chaque député est élu avec un suppléant appelé à entrer en fonction en cas de vacance du siège, notamment à la suite d’une démission .
Cette transition, opérée sans heurts, témoigne de la solidité des mécanismes institutionnels et de la maturité du système démocratique béninois. Elle illustre également la fluidité du fonctionnement parlementaire, capable d’assurer la continuité de la représentation nationale tout en respectant les exigences de gouvernance.
Au-delà du simple jeu de remplacement, cet épisode traduit une articulation assumée entre les sphères exécutive et législative, dans une dynamique où la stabilité institutionnelle demeure un impératif central. La 10ᵉ législature, forte de ses 109 députés installés depuis février 2026, poursuit ainsi son mandat sous le signe de l’adaptation et de la responsabilité .
Dans un contexte politique en constante évolution, cette première session ordinaire s’ouvre donc avec un message clair : celui d’une République en mouvement, où les institutions s’ajustent sans se fragiliser, et où la continuité de l’État reste la boussole des acteurs publics.






