Dans un contexte politique marqué par une faible concurrence électorale et de nombreuses interrogations sur la vitalité du pluralisme, la participation du duo candidats de l’opposition Paul Hounkpè et Rock Judicaël Hounwanou à l’élection présidentielle du 12 avril 2026 apparaît comme un acte de résilience politique et de fidélité aux principes démocratiques.
Alors que les appels au désistement se multipliaient sur les réseaux sociaux et que les critiques s’intensifiaient à l’encontre de leur candidature, les deux figures de la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) ont fait le choix de maintenir le cap. Ni les pressions de l’opinion, ni les attaques répétées, encore moins les résultats jugés décevants des législatives, n’auront entamé leur détermination.
Dans une élection où l’essentiel semblait déjà joué d’avance, leur présence a contribué à préserver l’essence même du processus démocratique : offrir un choix, aussi limité soit-il, aux électeurs. En cela, leur engagement dépasse le simple cadre d’une compétition électorale.
Le duo Hounkpè–Hounwanou a ainsi recueilli 278 297 voix, soit 5,73 % des suffrages exprimés, selon les résultats provisoires de la Cour constitutionnelle proclamés ce jeudi, un score modeste mais révélateur d’un socle électoral réel dans un environnement politique particulièrement contraint.
Face à la large victoire de Romuald Wadagni, crédité de plus de 94 % des voix, Paul Hounkpè a reconnu sa défaite, dans un geste salué comme responsable et républicain.
Mais au-delà des chiffres, c’est bien l’attitude du duo qui retient l’attention. Restés droits dans leurs bottes du début à la fin, ils ont incarné une forme de constance politique rare dans un climat souvent dominé par le doute, la pression et les calculs stratégiques.
Leur participation aura ainsi permis d’éviter une élection sans véritable alternative, donnant un minimum de contenu au jeu démocratique. En maintenant leur candidature jusqu’au bout, ils ont assumé une responsabilité politique majeure : celle de faire vivre, même modestement, le pluralisme.
Dans un paysage politique en recomposition, le parcours du duo Hounkpè–Hounwanou pourrait bien rester comme le symbole d’un engagement assumé, celui de ne pas céder, même lorsque les chances de victoire semblent inexistantes.
Une posture qui, au-delà des résultats, mérite d’être saluée pour son courage et sa constance.






