Le procès de l’affaire Pierre Urbain Dangnivo a repris ce mercredi 15 juillet 2026 devant le Tribunal de première instance de première classe de Cotonou, avec l’étape très attendue des plaidoiries. Cette audience intervient après plusieurs renvois décidés par la juridiction afin de permettre l’examen approfondi des nombreuses observations formulées par les différentes parties.
À la barre, aux environs de 10 h 40, l’avocat de la partie civile, Me Zinzindohoué Fifa, a développé une argumentation axée sur les nombreuses zones d’ombre qui, selon lui, continuent d’entourer ce dossier vieux de seize ans.
S’appuyant sur les conclusions du médecin légiste chargé de l’autopsie, l’avocat a rappelé que l’expertise médico-légale faisait état de violents coups portés au niveau de la mâchoire de la victime, un élément qu’il considère déterminant dans l’analyse des circonstances du décès.
Au-delà des constatations médico-légales, Me Zinzindohoué a soulevé plusieurs interrogations qu’il estime essentielles à la manifestation de la vérité. Il est notamment revenu sur la déposition de l’ancien directeur général de la Police nationale, Louis Philippe Houndégnon, qui avait affirmé devant le tribunal que Pierre Urbain Dangnivo aurait été assassiné en raison d’un cambriolage projeté au Trésor public. Dans cette logique, l’avocat s’est interrogé : « Avait-il les clés du coffre-fort ? », remettant en perspective le mobile avancé au cours des débats.
La plaidoirie a également été marquée par une autre interrogation de fond portant sur l’identification du corps exhumé dans le cadre de l’enquête. « Qui peut dire ce matin que le corps exhumé, et qui se trouve encore aujourd’hui à la morgue du PROCIS, est réellement celui de Pierre Urbain Dangnivo ? », a lancé Me Zinzindohoué devant la Cour.
Par cette série de questions, la partie civile entend mettre en lumière les incertitudes qui subsistent encore dans ce dossier emblématique, dont l’opinion publique attend depuis plusieurs années l’épilogue judiciaire. Les débats se poursuivent au tribunal de Cotonou, où les réquisitions du ministère public et les autres plaidoiries sont attendues avant que la juridiction ne mette éventuellement l’affaire en délibéré.



