À moins de trois semaines de l’installation officielle du Sénat béninois, le professeur Théodore Holo sort du silence. L’ancien président de la Cour constitutionnelle, appelé à siéger comme membre de droit de la nouvelle chambre haute, a livré sa vision du rôle qu’il entend jouer au sein de cette institution appelée à marquer une nouvelle étape de l’évolution démocratique du Bénin.
Invité de la chaîne ESAE TV ce vendredi 10 juillet 2026, le constitutionnaliste s’est voulu à la fois prudent et optimiste, estimant que le Sénat devra avant tout contribuer à la consolidation de la paix, de la stabilité politique et de l’unité nationale.
La création du Sénat résulte de la révision constitutionnelle de novembre 2025. Après la désignation de ses membres lors du Conseil des ministres du 1er juillet 2026, l’institution sera officiellement installée le 30 juillet prochain dans les locaux de l’Assemblée nationale à Porto-Novo, conformément à l’annonce faite par le président de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbénou.
« Tout ne peut pas être rose »
Interrogé sur les attentes qu’il nourrit vis-à-vis de cette nouvelle institution, Théodore Holo a rappelé que les grandes réformes suscitent souvent des doutes avant de faire leurs preuves.
Évoquant son expérience lors de la Conférence nationale des forces vives de 1990, il a souligné que plusieurs acteurs politiques étaient alors convaincus que cette rencontre n’aboutirait à rien.
«« Vous savez, je l’ai souvent dit, quand je suis allé à la Conférence nationale, il y avait des partis politiques qui ont pensé que cela ne servirait à rien. Nous avons vu les résultats que cela a donnés. »»
Sans présenter le Sénat comme une institution parfaite, il estime néanmoins qu’elle comporte des atouts importants.
«« Il y a des choses positives dans les dispositions du Sénat, et tout ne peut pas être rose. »»
Une contribution au service de la paix et de la démocratie
Le professeur Holo affirme vouloir mettre son expérience juridique et institutionnelle au service de la République.
«« J’irai et je travaillerai en tenant compte de ma vision des choses, et j’espère que cela contribuera à préserver — comme c’est la mission du Sénat — la paix, l’unité sociale, la stabilité politique, l’unité du pays, le développement. »»
Pour l’ancien président de la Cour constitutionnelle, les divergences politiques ne doivent jamais remettre en cause l’intérêt supérieur de la Nation.
«« Que nous soyons divergents sur des questions, nous n’avons qu’une seule priorité, nous n’avons qu’une seule patrie, nous n’allons pas la détruire. »»
Il a enfin insisté sur la nécessité, pour les responsables publics, de s’adapter aux évolutions de la société afin de continuer à renforcer les institutions démocratiques.
«« Le monde évolue, et moi aussi je dois pouvoir évoluer et apporter ma contribution à l’approfondissement de la démocratie. »»
Ces déclarations constituent les premiers grands repères de la philosophie que Théodore Holo entend défendre au sein du Sénat. Elles traduisent une volonté d’inscrire cette nouvelle institution dans une logique d’apaisement, de dialogue et de consolidation des acquis démocratiques, alors que le Bénin s’apprête à franchir une étape historique avec l’entrée en fonction de sa toute première chambre haute.



