Dans une récente sortie médiatique, les députés du groupe Parlementaire Les Démocrates ont exprimé leur indignation face au fonctionnement actuel de l’Assemblée nationale et aux dérives du régime en place. Une posture qui, à première vue, semble courageuse. Pourtant, derrière cette dénonciation tardive, une question majeure se pose : qui a validé cette mascarade démocratique ?
En acceptant de siéger dans une Assemblée issue d’une réforme électorale qu’ils jugent sélective, ces députés ont offert une caution politique à un système qu’ils savaient verrouillé. Plutôt que de démissionner ou de poser des actes forts pour réveiller la démocratie, ils ont préféré « exister politiquement » au prix d’un compromis qui leur coûte aujourd’hui cher : la perte de toute crédibilité en tant que force de contestation radicale.
Sur les 11 projets de loi votés lors de cette session parlementaire, « Les Démocrates » n’en ont rejeté qu’un seul. Ils se targuent notamment de ne pas avoir voté la réforme controversée de la Cour constitutionnelle, comme si cette position isolée suffisait à effacer leur alignement sur les autres textes, parfois liberticides, parfois purement budgétaires. En réalité, ils soutiennent 90 % des lois du régime tout en prétendant incarner une alternative politique.
Ils se plaignent de voir leurs propositions de loi enterrées, mais où sont leurs moyens de pression ? Ont-ils suspendu leur participation aux travaux parlementaires ? Ont-ils mobilisé leurs bases ou interpellé les partenaires internationaux ? La réponse est non. Leur méthode se limite à la lecture de communiqués et à la gestion de l’apparence, sans aucune stratégie d’action concrète.
Ils se félicitent d’avoir obtenu la création d’une commission d’enquête sur des milliards disparus, mais ils ne maîtrisent ni l’agenda, ni les conclusions, ni la sincérité du processus. Espérer que le système se juge lui-même avec impartialité relève d’une naïveté politique déconcertante.
En entrant dans une Assemblée manifestement déséquilibrée, sans poser d’actes politiques majeurs, « Les Démocrates » ont accepté de jouer un rôle écrit par d’autres. Ils ne sont pas le véritable contre-pouvoir, mais plutôt la caution d’un pouvoir déguisé, qui se pare d’un vernis démocratique.
Le peuple béninois n’est ni naïf, ni amnésique. Il n’a pas besoin de députés qui se contentent de pleurnicher. Il veut des élus qui s’engagent pleinement. Des hommes et des femmes prêts à risquer leur confort personnel pour défendre l’intérêt général et réveiller la démocratie.





