À Dakar, une affaire mêlant promesse de mariage, cadeaux somptueux et bataille judiciaire a récemment retenu l’attention du tribunal des flagrants délits. Un chef d’entreprise sénégalais, estimant avoir été trompé par son ex-compagne, l’avait poursuivie pour escroquerie et abus de confiance après avoir investi des dizaines de millions de francs CFA dans leur relation. Au terme du procès, la justice a finalement prononcé la relaxe de la jeune femme.
Selon les éléments rapportés à l’audience, P. S. Ndiaye, dirigeant de la société « Aide Afrique », entretenait depuis 2021 une relation amoureuse avec A. Ba. Convaincu qu’ils allaient se marier, l’homme d’affaires affirme avoir multiplié les preuves de générosité à l’endroit de sa compagne et de sa famille.
Le plaignant soutient lui avoir offert trois parcelles dans la région de Dakar, une maison destinée à leur futur foyer, un véhicule tout-terrain de marque GMC immatriculé à son nom ainsi que des bijoux en or évalués à près de 40 millions de francs CFA.
À ces biens s’ajouteraient plusieurs années de prise en charge financière. Le chef d’entreprise affirme avoir payé les loyers de différents appartements occupés par sa compagne, dont certains situés dans des quartiers résidentiels de Dakar, tout en lui versant régulièrement une importante somme d’argent pour ses dépenses personnelles.
Une carrière professionnelle également soutenue
Au-delà des avantages matériels, P. S. Ndiaye affirme avoir contribué à l’évolution professionnelle de sa partenaire. Selon ses déclarations, il aurait facilité son recrutement dans une structure publique avant de l’intégrer à sa propre entreprise où elle occupait un poste à responsabilités avec une rémunération mensuelle conséquente.
L’homme d’affaires assure également avoir financé à hauteur d’environ 10 millions de francs CFA le pèlerinage à La Mecque des parents de la jeune femme.
Le choc d’un mariage inattendu
L’affaire a pris une tournure inattendue lorsque le chef d’entreprise, alors en déplacement aux États-Unis, apprend que celle qu’il considérait comme sa future épouse allait finalement se marier avec un autre homme.
Selon ses déclarations devant le tribunal, c’est A. Ba elle-même qui l’aurait informé par téléphone de sa décision le 23 novembre 2025. Cinq jours plus tard, le mariage était célébré.
Estimant avoir été manipulé et abusé financièrement, il décide alors de porter l’affaire devant la justice.
« Ce n’étaient que des cadeaux »
Face aux juges, la prévenue a catégoriquement rejeté les accusations. Elle a soutenu n’avoir jamais donné son accord définitif pour un mariage avec le plaignant et a insisté sur le fait que tous les biens reçus étaient des cadeaux librement offerts.
Concernant sa situation professionnelle, elle a rappelé avoir déjà travaillé sur plusieurs projets avant de rejoindre l’entreprise de son ancien compagnon. Quant aux frais liés au pèlerinage de ses parents, elle a affirmé qu’ils faisaient l’objet d’un remboursement progressif prélevé sur son salaire.
Pour la défense, aucun élément du dossier ne permettait d’établir l’existence d’une manœuvre frauduleuse ou d’un quelconque stratagème destiné à soutirer de l’argent au plaignant.
La justice tranche en faveur de la prévenue
Après avoir examiné les arguments des deux parties, le tribunal a estimé que les infractions d’escroquerie et d’abus de confiance n’étaient pas caractérisées.
Les juges ont ainsi prononcé la relaxe pure et simple d’A. Ba, mettant un terme à cette affaire qui aura illustré les difficultés de distinguer, sur le plan judiciaire, les cadeaux consentis dans le cadre d’une relation sentimentale et les engagements pouvant créer une obligation légale.



