Le gouvernement français franchit un nouveau cap dans sa politique d’accueil des étudiants étrangers. À travers un décret publié le 20 mai 2026 par le ministère de l’Enseignement supérieur, Paris a décidé d’augmenter fortement les frais d’inscription appliqués aux étudiants non ressortissants de l’Union européenne dans les universités publiques françaises. La mesure entrera en vigueur dès la rentrée universitaire 2026-2027 et concernera directement des milliers d’étudiants africains, particulièrement nombreux dans les établissements français.
Cette réforme marque un tournant dans la politique universitaire française. Jusqu’ici, de nombreuses universités contournaient largement les frais différenciés instaurés en 2019 grâce à des exonérations massives accordées aux étudiants étrangers. Désormais, cette marge de manœuvre sera progressivement réduite. Dès la prochaine rentrée, les établissements ne pourront exonérer que 30 % des étudiants extra-européens concernés. Ce plafond sera abaissé à 25 % en 2027, puis limité à seulement 20 % à partir de septembre 2028.
Concrètement, les droits d’inscription connaîtront une hausse spectaculaire. En licence, les frais passeront d’environ 178 euros à près de 2 900 euros par an pour les étudiants non européens. En master, ils atteindront près de 3 941 euros, contre un peu plus de 250 euros actuellement.
Le gouvernement français justifie cette orientation par une volonté de renforcer la compétitivité et la sélectivité de l’enseignement supérieur. Cette réforme s’inscrit dans le programme « Choose France For Higher Education », porté par le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste. L’exécutif entend attirer des profils jugés à « fort potentiel », selon un modèle inspiré des systèmes anglo-saxons, où les frais universitaires élevés s’accompagnent d’une sélection académique plus stricte.
Cette décision intervient dans un contexte où la mobilité étudiante africaine vers l’Europe demeure particulièrement importante. Selon des données relayées par des chercheurs spécialisés dans les migrations étudiantes, près de 500 000 étudiants africains poursuivent actuellement leurs études hors du continent, dont une large part en France. Chaque année, environ 300 000 jeunes Africains quittent leur pays pour étudier à l’étranger, un taux supérieur à la moyenne mondiale.
Pour de nombreux observateurs, cette réforme risque de fragiliser davantage l’accès des étudiants africains aux universités françaises, alors même que la France reste l’une des destinations privilégiées de l’élite estudiantine francophone. Plusieurs organisations étudiantes et syndicats universitaires dénoncent déjà une mesure jugée discriminatoire et socialement restrictive.
Le gouvernement français assure toutefois que certains étudiants continueront de bénéficier d’exonérations, notamment les boursiers du gouvernement français, les étudiants inscrits dans le cadre de partenariats universitaires ou encore ceux déjà engagés dans un cursus avant l’entrée en vigueur complète de la réforme.



