La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu, ce lundi 13 juillet 2026, son verdict dans le dossier impliquant l’avocat béninois Me Magloire Yansunu. Au terme de plusieurs mois de procédure, la juridiction spéciale l’a condamné à sept ans de réclusion criminelle, assortis d’une amende de 28 millions de FCFA pour abus de fonction. Il devra également verser près de 3 millions de FCFA de dommages et intérêts au principal plaignant. Cette décision intervient après son placement en détention provisoire le 13 avril 2026.
Selon les informations recueillies à l’issue de l’audience, le verdict, prononcé peu avant 10 h 30, a surpris de nombreux observateurs. Appelé à la barre pour entendre la décision, Me Magloire Yansunu est demeuré impassible à l’énoncé de la peine.
L’affaire trouve son origine dans un différend opposant l’avocat à l’un de ses anciens clients. Ce dernier lui reprochait d’avoir conservé plus de 9 millions de FCFA issus d’indemnités obtenues dans le cadre d’un dossier de licenciement abusif. Depuis le début de la procédure, l’homme de droit a toujours rejeté ces accusations, soutenant que les fonds litigieux correspondaient à des honoraires dus après dix-sept années de collaboration professionnelle.
Au cours des audiences, la défense avait plaidé la relaxe, estimant qu’il s’agissait d’un différend relevant de la relation entre un avocat et son client plutôt que d’une infraction pénale. Me Magloire Yansunu avait néanmoins procédé au remboursement de 6 millions de FCFA au principal plaignant, un geste que ses conseils présentaient comme une preuve de sa bonne foi.
Le jugement rendu ce lundi contraste fortement avec les réquisitions du ministère public. Le parquet spécial avait en effet sollicité une peine de 24 mois d’emprisonnement, dont trois mois ferme, ainsi qu’une amende. En prononçant une condamnation de sept ans de prison ferme, la CRIET a infligé une sanction largement supérieure aux réquisitions formulées par l’accusation.



