Affaire Dangnivo : le parquet frappe fort, la partie civile dénonce des zones d’ombre, la défense attendue ce jeudi

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Le procès de l’affaire Pierre Urbain Dangnivo a connu une journée décisive ce mercredi 15 juillet 2026. Après plusieurs années de procédure ouverte depuis 2015, les débats ont franchi une nouvelle étape avec les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats de la partie civile. Au terme de cette audience, le parquet a requis une lourde peine contre le principal accusé, tandis que la famille de la victime a dénoncé des zones d’ombre persistantes dans le dossier. La défense est attendue ce jeudi 16 juillet pour présenter ses arguments.

Le parquet requiert 30 ans de réclusion contre Codjo Alofa

Durant une trentaine de minutes, le ministère public, représenté par le procureur Olushègun Tidjani Serpos, a exposé son analyse des faits et les éléments qui, selon lui, établissent la responsabilité de Codjo Alofa dans la disparition et la mort de Pierre Urbain Dangnivo.

Debout à la barre, le visage fermé, l’accusé a écouté les réquisitions du parquet qui a demandé une peine de 30 ans de réclusion criminelle, assortie du paiement de 150 millions de francs CFA au titre des préjudices moral, matériel et financier.

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Pour le ministère public, Pierre Urbain Dangnivo aurait été victime d’un meurtre impliquant Isidore Akon, un repris de justice, et un autre individu connu sous le pseudonyme de Paul alias Ibo. Codjo Alofa aurait, selon l’accusation, joué un rôle déterminant en facilitant l’opération, notamment en administrant une substance à la victime avant son passage à l’acte.

« Pierre Urbain Dangnivo est mort dans le lit d’Alofa, de la main de bourreaux auxquels Alofa l’a livré », a déclaré le procureur, estimant que les faits se seraient déroulés au domicile de l’accusé, en sa présence.

Le parquet évoque des circonstances aggravantes

Dans son argumentaire, le ministère public s’est également appuyé sur les conclusions du rapport d’autopsie du 29 septembre 2010 pour évoquer la violence particulière des faits.

Selon le procureur, les constatations médico-légales font état de graves blessures provoquées par un objet contondant ainsi que de prélèvements effectués sur certaines parties du corps de la victime. Ces éléments constitueraient, selon lui, des circonstances aggravantes.

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Pour convaincre la Cour, le représentant du parquet a dressé un portrait très critique de Codjo Alofa, qu’il a présenté comme un homme calculateur, guidé par l’intérêt personnel et dépourvu, selon lui, de remords.

Le procureur estime que l’accusé aurait cherché à tirer profit de différentes situations et de différentes personnes susceptibles de lui être utiles. « Il est le fermoir qui relie les maillons de la chaîne. Sans lui, la funeste destinée de Dangnivo aurait été tout autre », a-t-il déclaré.

Le ministère public a toutefois demandé une requalification des faits, passant de l’assassinat à la complicité de meurtre.

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Donatien Amoussou : pas de lien établi avec la mort de Dangnivo selon le parquet

Concernant le deuxième accusé, Donatien Amoussou, le ministère public a estimé qu’aucun élément objectif du dossier ne permet de l’associer directement à la mort de Pierre Urbain Dangnivo.

Le parquet lui reproche cependant une autre infraction : une escroquerie portant sur une somme de 500 000 francs CFA au préjudice du colonel Séverin Koumasségbo, ancien responsable de la sécurité personnelle de l’ex-président Boni Yayi.

Pour ces faits, le ministère public a requis 60 mois d’emprisonnement ferme.

La défense obtient un délai pour préparer sa plaidoirie

Après la demande du parquet de requalifier les faits, les avocats des accusés ont sollicité un délai afin d’adapter leur stratégie de défense.

La Cour a finalement accordé 24 heures aux trois conseils des accusés. Les plaidoiries de la défense sont donc programmées pour ce jeudi 16 juillet.

La partie civile dénonce des contradictions dans le dossier

Avant les réquisitions du parquet, les avocats de la famille Dangnivo ont présenté leurs observations devant la Cour.

Me Fifa Zinzindohoué a insisté sur les nombreuses incohérences qu’il dit avoir relevées dans la procédure. Il a notamment remis en question les conditions d’identification du corps attribué à Pierre Urbain Dangnivo.

« Entre le corps exhumé à Womey, celui qui a été scellé dans des conditions peu orthodoxes et celui qui se trouve à la morgue Prosci, qui peut nous dire qu’il s’agit bien du corps de Pierre Urbain Dangnivo ? », s’est-il interrogé.

L’avocat a également évoqué une contradiction entre l’hypothèse d’une administration de valium à la victime et celle d’une mort provoquée par un violent traumatisme, estimant que ces éléments méritent davantage d’éclaircissements.

Pour lui, une décision judiciaire ne devrait intervenir qu’après la levée complète des doutes. « La famille Dangnivo ne recherche ni vengeance ni privilège. Elle recherche la vérité », a-t-il plaidé.

Me Olga Anassidé : « la justice se détourne pour ne pas voir »

De son côté, Me Olga Anassidé a livré une plaidoirie particulièrement offensive. L’avocate a estimé que le dossier comporte encore de nombreuses interrogations sans réponses.

« Ce dossier a été solidement noué pour ne pas être facilement dénoué », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que « la justice se détourne pour ne pas voir ».

Elle s’est notamment interrogée sur les circonstances dans lesquelles le téléphone de Pierre Urbain Dangnivo s’est retrouvé entre les mains du chef de la sécurité personnelle de l’ancien chef de l’État.

L’avocate a également évoqué les déclarations attribuées à ce responsable sécuritaire concernant un échange avec l’ancien président Thomas Boni Yayi, estimant que ces éléments auraient dû être davantage explorés.

En conclusion, elle a affirmé que la famille de la victime ne réclame ni privilège ni réparation particulière, mais souhaite avant tout connaître la vérité sur la disparition de leur proche.

L’audience reprend ce jeudi 16 juillet 2026 avec les plaidoiries de la défense, une étape très attendue avant la suite de la procédure.

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.