Une nouvelle étape dans la bataille pour la reconnaissance des victimes de la crise politique sénégalaise. Une délégation réunissant le Collectif des Familles des Martyrs, le Collectif des Victimes de Macky Sall et l’Initiative Zéro Impunité (IZI) a été reçue, mercredi 29 juillet 2026 à Dakar, par Leonardo Santos Simão, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel et chef du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS).
Au cœur de cette rencontre : la période de tensions et de violences politiques ayant marqué le Sénégal entre mars 2021 et février 2024. Les représentants des victimes ont présenté au responsable onusien ce qu’ils décrivent comme un lourd bilan humain et judiciaire de cette séquence, marqué notamment par de nombreuses pertes en vies humaines, des milliers de blessés et des détentions à caractère politique, selon leur communiqué.
Un mémorandum remis au représentant de l’ONU
La rencontre a surtout permis aux organisations de remettre à Leonardo Santos Simão un mémorandum consacré aux faits qu’elles dénoncent durant cette période. Le document rassemble, selon leurs déclarations, des éléments destinés à documenter les exactions alléguées et à porter la situation des victimes à l’attention des plus hautes instances des Nations unies.
Cette démarche traduit la volonté des collectifs de franchir un nouveau palier dans leurs revendications. En saisissant l’UNOWAS, ils cherchent à donner une dimension internationale à leur combat pour la vérité, la justice et la prise en compte du sort des victimes de la crise politique.
La remise du mémorandum intervient ainsi comme un acte de plaidoyer auprès d’une institution chargée notamment d’accompagner les processus de paix, de stabilité et de dialogue politique en Afrique de l’Ouest. Le choix de remettre directement le document au représentant spécial de l’ONU confère à cette initiative une portée diplomatique particulière.
Les victimes réclament que leur parole soit entendue
Derrière cette démarche se trouve une exigence centrale : que les violences et les abus dénoncés durant la période 2021-2024 ne soient pas relégués au second plan. Pour les organisations signataires, la documentation des faits constitue une étape essentielle dans la reconnaissance des victimes et dans la recherche des responsabilités.
La délégation était notamment représentée par Pape Abdoulaye Touré, Djibril Diaw et Boubacar Sèye. À l’issue de l’audience, les organisations ont salué l’écoute accordée à leur démarche par le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies. Elles ont particulièrement remercié Leonardo Santos Simão pour sa disponibilité et l’attention portée aux préoccupations des victimes.
Une démarche désormais portée sur la scène internationale
Avec la transmission de ce mémorandum, les collectifs entendent maintenir la pression autour du dossier de la répression politique au Sénégal. Leur démarche vise désormais à faire connaître leur version des événements au niveau international et à faire inscrire la question des victimes dans un cadre plus large de défense des droits et de recherche de justice.
Au-delà de la remise d’un document, la rencontre avec Leonardo Santos Simão marque donc une volonté de donner une nouvelle visibilité aux revendications des familles et des personnes qui se présentent comme victimes des violences politiques de 2021 à 2024.
Pour ces organisations, l’enjeu est désormais que la mémoire de cette période reste au centre du débat et que les victimes puissent obtenir des réponses à la hauteur de leurs attentes en matière de vérité et de justice.



