La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu, ce lundi 20 juillet 2026, une décision spectaculaire dans le dossier de l’homme d’affaires Achille Chaou, proche de Richard Boni Ouorou. Relaxé au bénéfice du doute en première instance en décembre 2025, il a finalement été reconnu coupable en appel et condamné à une lourde peine d’emprisonnement ainsi qu’à une forte sanction financière.
Statuant publiquement, contradictoirement et en dernier ressort, la juridiction a infirmé le jugement rendu par la chambre correctionnelle de la CRIET. Après un nouvel examen du dossier, les juges ont déclaré Achille Chaou coupable des faits d’escroquerie via internet.
La Cour l’a condamné à sept (7) ans de prison ferme et à une amende de 600 millions de francs CFA. Elle a également ordonné la confiscation de plusieurs de ses biens, identifiés au cours de l’enquête patrimoniale. Conformément aux dispositions en vigueur, le condamné dispose d’un délai de trois jours pour former un pourvoi en cassation.
Selon les informations rapportées par l’envoyé spécial de Libre Express, l’annonce de cette lourde condamnation a provoqué un vif malaise chez Achille Chaou, qui a failli perdre connaissance dans la salle d’audience avant d’être pris en charge par des agents de l’Agence pénitentiaire du Bénin.
Une relaxe en première instance finalement annulée
L’arrêt rendu en appel marque un revirement majeur dans cette affaire judiciaire. Le 22 décembre 2025, la chambre correctionnelle de la CRIET avait relaxé Achille Chaou au bénéfice du doute, estimant que les éléments produits ne permettaient pas d’établir sa culpabilité avec certitude.
Poursuivi initialement pour fausses attestations et escroquerie via internet, il avait constamment rejeté les accusations portées contre lui.
Au cours des débats en première instance, le ministère public avait requis cinq ans de prison ferme et un million de francs CFA d’amende. Le parquet soutenait que les investigations avaient mis en évidence des éléments numériques, notamment de prétendus faux contrats retrouvés dans son ordinateur, susceptibles de l’impliquer dans des faits de cybercriminalité.
La défense, assurée notamment par Me Pacôme Koundé, avait pour sa part dénoncé un dossier insuffisamment étayé. Les avocats avaient fait valoir que plusieurs pièces ne mentionnaient pas le nom de leur client et avaient contesté la régularité des opérations d’extraction des données informatiques, affirmant qu’elles avaient été réalisées en son absence. Ces arguments, qui avaient conduit à sa relaxe en première instance, n’ont finalement pas convaincu la chambre des appels, laquelle a prononcé une condamnation particulièrement sévère.



