L’ancien président de la République, Thomas Boni Yayi, a officiellement annoncé qu’il exercera son droit de siéger au Sénat en qualité de membre de droit. Dans un message adressé à la Nation ce mercredi, il explique ce revirement par l’évolution du contexte politique national et sa volonté de faire de la nouvelle institution un cadre de dialogue au service de l’intérêt général.
Alors qu’il s’était opposé à la création du Sénat lors de la révision constitutionnelle de 2025 et avait publiquement affirmé qu’il n’en ferait pas partie, l’ancien chef de l’État estime aujourd’hui que les réalités politiques ont changé. Il rappelle qu’à l’époque, il avait clairement exprimé son refus de siéger, avant même l’examen du projet de loi instituant cette nouvelle chambre du Parlement.
Selon Boni Yayi, le Bénin évolue désormais dans un contexte marqué par l’existence d’un Parlement monocolore et par la réduction des espaces de dialogue politique. Une situation qui, à ses yeux, renforce la nécessité de disposer de nouveaux cadres d’échanges afin de préserver la démocratie et la cohésion nationale.
Dans son adresse, l’ancien président réaffirme son attachement aux valeurs qu’il dit avoir toujours défendues : le respect des droits de l’Homme, des libertés fondamentales, la décrispation de la vie politique, la sécurité, l’unité nationale, le dialogue, la démocratie et la paix. Il évoque également les préoccupations liées à l’existence de prisonniers et d’exilés politiques, estimant qu’elles demeurent incompatibles avec une démocratie pleinement apaisée.
« Après mûre réflexion, il apparaît dès lors que le Sénat pourrait être un cadre de dialogue politique interne destiné à porter la voix et les attentes du peuple », a-t-il déclaré.
S’appuyant sur les dispositions de l’article 113-3 de la Constitution, Boni Yayi indique qu’il entend exercer son droit de sénateur « afin d’œuvrer pour l’idéal de notre patrie commune ». Il insiste toutefois sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une démarche personnelle, mais de l’application des dispositions constitutionnelles.
L’ancien président affirme enfin vouloir travailler avec les autres membres de la Haute chambre pour faire du Sénat « un vase d’honneur pour les intérêts du peuple ». Il conclut son message en appelant les Béninois à poursuivre leurs prières pour le pays et à œuvrer ensemble pour la paix, la justice, la sécurité et la démocratie.
Cette déclaration met fin aux interrogations sur la participation de Boni Yayi au Sénat, dont l’installation officielle est prévue le 30 juillet 2026, après plusieurs jours de spéculations sur un possible changement de position de l’ancien chef de l’État.
Intégralité du message
Mes chers compatriotes,
Au moment où le projet de loi portant révision de la Constitution et instituant le Sénat a été introduit, et avant même son examen par la Commission des lois de l’Assemblée nationale, j’avais publiquement fait connaître ma position, en indiquant clairement que je n’envisageais pas de siéger au sein de cette institution, pour les raisons que j’avais alors exposées.
La loi a été votée et promulguée. Depuis lors, le contexte national a considérablement évolué et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Notre pays fait face à de nouvelles réalités institutionnelles, notamment la mise en place d’un Parlement monocolore.
Les cadres de dialogue politique sont devenus quasi inexistants voire considérablement réduits, alors même que notre démocratie a plus que jamais besoin d’espaces d’échanges et de débats.
Chers compatriotes,
Je partage les préoccupations du peuple quant à la nécessaire décrispation de la vie politique, à travers la prise en compte des priorités qui ont toujours été les miennes, à savoir : le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales incompatible avec l’existence de prisonniers et d’exilés politiques, le renforcement des acquis de l’unité nationale, la sécurité, la défense du territoire, le dialogue, la démocratie et la paix.
Je vous rassure : je connais vos aspirations fondées sur la justice, la démocratie , le pain et la paix.
Je resterai fidèle à vos valeurs qui ont toujours guidé mon engagement politique.
C’est pourquoi, après mûre réflexion, il apparaît dès lors que le Sénat pourrait être un cadre de dialogue politique interne destiné à porter la voix et les attentes du peuple.
Mes Très chers compatriotes,
En vertu de l’article 113-3 de la constitution, je compte exercer mon droit de sénateur afin d’œuvrer pour l’idéal de notre patrie commune. Je n’en suis pas demandeur, c’est la constitution.
Je m’efforcerai avec mes collègues à faire du Sénat un vase d’honneur pour les intérêts du peuple.
Continuons de prier pour notre pays et d’œuvrer pour la paix, la justice, la sécurité et la démocratie.
Union de prières.
Dieu bénisse le Bénin !



