En exil depuis plusieurs années, l’opposant béninois et ancien ministre des Finances, Komi Koutché, invite le président de la République, Romuald Wadagni, à faire de la réconciliation nationale l’un des principaux chantiers de son mandat. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, il estime que le nouveau chef de l’État dispose d’une occasion historique pour favoriser l’apaisement du climat politique et renforcer l’unité nationale.
Pour l’ancien argentier de l’État, la priorité devrait être de permettre aux Béninois éloignés de leur pays ou séparés de leurs familles de retrouver les leurs. Il considère que toutes les initiatives visant à rapprocher les différentes composantes de la nation contribueront à consolider la cohésion sociale et à restaurer la confiance entre les acteurs politiques.
Dans cette dynamique, Komi Koutché plaide pour l’ouverture d’un dialogue politique inclusif, réunissant l’ensemble des sensibilités nationales. Selon lui, seul un échange franc et constructif permettra de tourner durablement la page des tensions qui ont marqué la vie politique béninoise ces dernières années.
L’opposant reconnaît toutefois que les dix années de gouvernance de Patrice Talon ont été marquées par des avancées dans plusieurs secteurs. Il cite notamment la modernisation de l’administration et la numérisation des services publics, qu’il considère comme des réformes importantes. En revanche, il estime que ces progrès n’ont pas eu un impact suffisant sur les conditions de vie des populations les plus vulnérables, appelant à une meilleure prise en compte des préoccupations sociales.
Évoquant sa propre situation judiciaire, Komi Koutché affirme ne pas vouloir être « l’otage » de ce dossier. Convaincu que « la vérité triomphera », il dit garder confiance en l’issue de la procédure le concernant et réaffirme son intention de poursuivre son engagement politique.
À travers cette prise de parole, l’ancien ministre réitère son appel en faveur d’un Bénin davantage tourné vers le dialogue, la réconciliation et le rassemblement. Il invite le président Romuald Wadagni à poser des actes forts susceptibles de favoriser une décrispation durable de la vie politique et de consolider l’unité nationale.



