Dans la course au poste de Secrétaire général des Nations unies, l’ancien président sénégalais Macky Sall continue de défendre son profil et son projet devant les acteurs du processus de sélection. Sa récente prestation a été jugée globalement positive par le professeur Moussa Diaw, enseignant-chercheur en sciences politiques à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Toutefois, l’analyste estime qu’un élément pourrait constituer un point de fragilité dans cette compétition internationale : sa maîtrise de la langue anglaise.
Selon le professeur Diaw, Macky Sall a réussi à valoriser les atouts majeurs de son parcours, notamment son expérience à la tête du Sénégal, son passage à la présidence de l’Union africaine et son implication dans plusieurs dossiers diplomatiques et sécuritaires sur le continent.
« Son expérience à la tête du Sénégal, le fait d’avoir dirigé l’Union africaine et d’avoir été au cœur des dynamiques régionales constituent des acquis importants », analyse-t-il. Pour lui, l’ancien chef de l’État dispose d’une connaissance approfondie des réalités politiques africaines, des mécanismes internationaux de gestion des crises et des enjeux liés à la stabilité mondiale.
Mais dans une compétition aussi exigeante que celle pour la direction de l’ONU, l’expérience seule ne suffit pas. Le processus repose également sur des considérations diplomatiques, géopolitiques et personnelles qui peuvent peser lourdement dans le choix final.
« Sa prestation est correcte et pertinente, mais elle ne constitue pas à elle seule un élément décisif », nuance le politologue, rappelant que la bataille diplomatique se jouera notamment au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies, où les équilibres entre grandes puissances et régions du monde restent déterminants.
L’anglais, un défi stratégique dans une compétition mondiale
Au-delà du parcours politique et diplomatique de Macky Sall, le professeur Moussa Diaw attire l’attention sur la question linguistique. Pour lui, la capacité à communiquer aisément en anglais représente un avantage essentiel pour diriger une organisation internationale comme les Nations unies.
« Quand on ambitionne de diriger le Secrétariat général de l’ONU, l’anglais est une langue incontournable. Il faut pouvoir s’exprimer directement et avec aisance », estime-t-il.
L’enseignant-chercheur considère que cette dimension pourrait influencer la perception de certains États membres, particulièrement ceux dont l’anglais constitue la principale langue de travail diplomatique.
« Un secrétaire général des Nations unies doit pouvoir dialoguer directement avec les dirigeants du monde entier. La dépendance permanente à un interprète pourrait être perçue comme une faiblesse », explique-t-il.
Une bataille où chaque détail compte
Alors que plusieurs candidatures sont en compétition, Macky Sall devra donc convaincre au-delà de son bilan et de son expérience. Sa capacité à incarner une vision pour l’avenir des Nations unies, à rassembler les États membres et à répondre aux attentes des différentes régions du monde sera déterminante.
Pour le professeur Moussa Diaw, l’ancien président sénégalais possède des arguments solides grâce à son parcours d’homme d’État et son expérience internationale. Mais dans une élection où les équilibres diplomatiques sont souvent subtils, chaque détail peut devenir un facteur décisif.
La désignation du prochain Secrétaire général de l’ONU sera ainsi le résultat d’un savant équilibre entre expérience, capacité de leadership, poids diplomatique et aptitude à représenter efficacement l’ensemble des États membres.



