La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) hausse le ton face aux dérives persistantes dans le secteur des médias au Bénin. Par un communiqué officiel rendu public le 19 janvier 2026, l’organe de régulation rappelle une règle désormais non négociable : l’accès aux fonds publicitaires et aux contrats de communication institutionnelle est strictement réservé aux médias légalement reconnus.
Cette sortie officielle marque une volonté claire d’en finir avec l’attribution de marchés à des structures médiatiques opérant en marge des textes, parfois sans existence juridique avérée. Pour la HAAC, il s’agit d’un impératif de bonne gouvernance et de protection des ressources, en particulier celles issues du budget public.
La légalité, critère central d’éligibilité
Le régulateur précise que la reconnaissance légale d’un média repose sur des fondements bien définis. En premier lieu, tout organe de presse doit disposer d’une autorisation ou d’une déclaration régulièrement délivrée par la HAAC, conformément aux lois et règlements en vigueur. En second lieu, il doit être effectivement inscrit sur la liste officielle des médias autorisés et en activité sur le territoire béninois.
L’absence de l’un ou l’autre de ces éléments exclut automatiquement le média concerné de toute possibilité de bénéficier de campagnes publicitaires, de prestations de communication institutionnelle ou de partenariats financés, totalement ou partiellement, par des fonds publics.
Responsables financiers et ordonnateurs sous interpellation
Dans le communiqué n°002-26/HAAC/PT/SG/SGA/SCS, la HAAC s’adresse directement aux maillons clés de la chaîne de la dépense. Administrations publiques, entreprises à capitaux publics, collectivités territoriales et même annonceurs privés sont invités à redoubler de rigueur dans le choix de leurs partenaires médiatiques.
Le Secrétaire général de la HAAC, François AWOUDO, appelle les responsables administratifs et financiers ainsi que les ordonnateurs de crédits à conditionner toute signature de contrat à la présentation d’une preuve formelle de légalité du média bénéficiaire. Il insiste sur le fait que toute négligence en la matière pourrait entraîner des poursuites et des sanctions, notamment en lien avec la mauvaise gestion des deniers publics.
Un dispositif numérique pour plus de transparence
Afin d’accompagner cette exigence de conformité, la HAAC met à disposition un outil de vérification en ligne via son portail officiel. Cette plateforme permet aux annonceurs et aux institutions de s’assurer, en amont de tout engagement financier, du statut légal des médias avec lesquels ils envisagent de collaborer.
Vers un paysage médiatique assaini
Au-delà de la simple mise en garde, cette démarche traduit l’ambition du régulateur de nettoyer l’écosystème médiatique, de freiner la prolifération des médias non autorisés et de favoriser l’émergence d’un secteur plus structuré, professionnel et crédible.
En réaffirmant ces principes, la HAAC entend jouer pleinement son rôle de sentinelle de la légalité, de l’éthique et de la transparence dans le domaine de l’audiovisuel et de la communication au Bénin.
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