Le gouvernement lève un coin de voile sur les mesures envisagées en faveur des propriétaires concernés par l’opération de libération des emprises à Togbin, dans la commune d’Abomey-Calavi. Interrogé par BIP Radio, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, assure que les propriétaires disposant de documents administratifs en règle pourront bénéficier du rachat de leurs propriétés lorsque celles-ci se trouvent dans le périmètre concerné.
L’opération de déguerpissement engagée à Togbin suscite depuis plusieurs jours de nombreuses réactions chez les riverains. Alors que les démolitions et les déménagements se poursuivent dans certaines zones, le gouvernement apporte désormais des explications sur les objectifs poursuivis et les mesures envisagées pour les personnes affectées.
Des propriétés rachetées sous certaines conditions
Selon Wilfried Léandre Houngbédji, les personnes dont les propriétés sont situées dans l’emprise à libérer ne seront pas toutes laissées sans solution. Le porte-parole précise que les propriétaires « en règle », c’est-à-dire ceux disposant des documents administratifs requis, pourront voir leurs propriétés rachetées par l’État.
Cette précision intervient alors que plusieurs habitants concernés sont confrontés à la nécessité de quitter les lieux. Elle apporte un premier élément de réponse à la question de l’indemnisation des personnes affectées par l’opération.
Le principe d’un accompagnement des personnes affectées par des projets d’aménagement n’est d’ailleurs pas nouveau dans la zone de Togbin. En 2022, le gouvernement avait déjà indiqué que des évaluations foncières et immobilières avaient été réalisées dans le cadre du projet d’aménagement d’un périmètre de 80 hectares à Togbin, afin de déterminer les montants dus aux personnes concernées.
« Une mesure difficile, mais indispensable », selon le gouvernement
Pour le porte-parole du gouvernement, le déguerpissement actuellement mené répond avant tout à des impératifs d’aménagement et de protection de l’environnement. Il reconnaît le caractère difficile de l’opération, tout en la présentant comme une mesure que l’exécutif estime nécessaire.
Selon ses explications, l’occupation de certaines parties de la berge et du plan d’eau aurait contribué à obstruer des exutoires naturels, avec pour conséquence des problèmes d’écoulement des eaux et des risques d’inondation.
Le gouvernement met également en avant les contraintes que ces occupations feraient peser sur la réalisation des infrastructures prévues dans la zone.
Wilfried Léandre Houngbédji évoque par ailleurs la responsabilité de certains agents publics dans la persistance de situations d’occupation irrégulière. Cette affirmation relève toutefois de la présentation faite par le porte-parole et ne constitue pas, à elle seule, l’établissement de responsabilités individuelles.
Prévenir une aggravation de la situation
Au-delà de l’urgence liée aux travaux, le porte-parole inscrit l’opération dans une perspective environnementale de long terme.
Son argument est simple : laisser perdurer certaines occupations dans les zones sensibles pourrait accentuer, à terme, les difficultés liées à l’écoulement des eaux et à la préservation du milieu naturel.
« Si on ne fait rien aujourd’hui, cela pourrait être pire demain », résume-t-il, appelant à considérer l’opération à l’aune des besoins des générations actuelles et futures.
Le gouvernement dit ainsi comprendre les difficultés rencontrées par les propriétaires installés depuis plusieurs années, tout en estimant que les impératifs collectifs doivent également être pris en compte.
Une transformation annoncée de la zone
L’opération ne serait donc pas limitée à la simple libération des emprises. Selon les explications du porte-parole, l’ambition affichée par l’exécutif est de réaménager la berge et de rendre le plan d’eau navigable sur l’itinéraire reliant Cotonou à Ouidah.
Cette vision s’inscrit dans une dynamique d’aménagement déjà engagée dans le secteur de Togbin et de la Route des Pêches. Les autorités ont notamment entrepris, ces dernières années, plusieurs opérations visant à libérer et à réorganiser les espaces concernés par les projets d’aménagement urbain et touristique.
À Togbin-Fandji, BIP Radio rapportait encore le 22 septembre que des habitants procédaient eux-mêmes au démontage de certaines maisons afin de récupérer portes, tôles, bois et autres matériaux avant leur départ. D’autres avaient déjà déménagé leurs effets personnels, tandis que certaines habitations marquées pour démolition restaient encore occupées.
L’annonce du gouvernement sur le rachat des propriétés régulièrement établies constitue donc un élément important dans la suite de l’opération. Reste désormais à préciser les modalités pratiques de cette mesure, notamment les critères permettant de déterminer les propriétaires éligibles, les procédures d’évaluation des biens et les conditions de paiement.



