Santé et dignité menstruelles au Bénin : Le Consortium « Règle-Moi Ça » et l’UPMB veulent  mobiliser les médias pour briser les tabous

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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Briser le silence autour des menstruations et faire évoluer le regard porté sur la santé et la dignité menstruelles au Bénin. C’est l’ambition affichée par le consortium « Règle-Moi Ça », qui entend renforcer l’implication des professionnels des médias dans ce combat. Dans cette dynamique, une délégation de l’ONG Héroïnes d’Aujourd’hui, représentant le consortium, a été reçue lundi 27 juillet 2026 par le président du bureau de l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB), Hervé Prudence Hessou. Au menu des échanges : le rôle stratégique de la presse dans la déconstruction des tabous menstruels, la formation de 20 professionnels de l’information et le lancement d’un concours média doté d’une enveloppe d’environ 2 millions de FCFA.

La question menstruelle sort progressivement du cercle de l’intime pour s’imposer comme un enjeu de santé publique, d’égalité et de droits humains. Au Bénin, le consortium « Règle-Moi Ça » entend accélérer cette évolution en faisant des médias un acteur à part entière du changement social.

C’est dans cette perspective qu’une délégation de l’ONG Héroïnes d’Aujourd’hui, mandatée par le consortium, a échangé avec les responsables de l’UPMB autour du projet « Médias engagés pour la SDJM », dédié à la Santé, la Dignité et la Justice Menstruelle.

Au-delà de la simple sensibilisation, l’initiative ambitionne de faire évoluer en profondeur la manière dont les menstruations sont racontées dans l’espace public. Une orientation qui rejoint la philosophie du projet « Sang pour Sang : uni·es pour la dignité », porté avec l’appui d’Equipop et financé par l’Agence française de développement (AFD), qui place les droits humains, l’égalité de genre et la lutte contre les stigmatisations au cœur de son action.

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Les médias au cœur de la bataille contre les tabous

Pendant longtemps, les menstruations ont été entourées de silence, de préjugés et de croyances qui contribuent à maintenir les personnes menstruées dans des situations de vulnérabilité. Le défi, pour les acteurs du projet, est donc de dépasser une approche limitée aux seules questions d’hygiène pour s’intéresser également aux dimensions sociales, éducatives, sanitaires et économiques de la menstruation.

C’est précisément sur ce terrain que les médias sont appelés à jouer leur rôle.

Lors de l’audience, la présidente de l’ONG Héroïnes d’Aujourd’hui, Nadège Bignon Anago, a présenté les grandes orientations du projet et insisté sur la responsabilité des journalistes, des animateurs radio et télévision, des professionnels de la presse écrite et en ligne, mais également des blogueurs, créateurs de contenus et caricaturistes.

Pour le consortium, ces acteurs disposent d’un puissant levier pour informer, déconstruire les idées reçues, donner la parole aux personnes concernées et contribuer à faire évoluer les représentations sociales. Le traitement médiatique des menstruations est ainsi appelé à devenir plus pédagogique, plus documenté et plus inclusif.

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L’enjeu est également de mieux rendre visibles les situations de vulnérabilité vécues selon les contextes et les territoires, notamment par les filles et les femmes vivant en milieu rural ou confrontées à des difficultés économiques et sociales.

Vingt professionnels appelés à devenir des relais du changement

La rencontre avec l’UPMB a également permis de dévoiler les différentes étapes de l’initiative.

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La première concerne l’appel à candidatures, actuellement ouvert et prévu jusqu’au 10 août 2026. Celui-ci s’adresse aux professionnels des médias et aux créateurs de contenus établis au Bénin. Une attention particulière est accordée aux candidatures féminines, avec l’objectif de favoriser davantage la participation et le leadership des femmes dans le traitement médiatique des questions liées à la santé et à la dignité menstruelles.

À l’issue de cette phase, 20 professionnels seront sélectionnés sur la base de leurs dossiers et de leurs productions antérieures.

Ces bénéficiaires participeront ensuite à une formation spécialisée consacrée notamment aux enjeux de la SDJM, aux droits humains, à l’approche intersectionnelle, au journalisme de solutions et aux techniques de narration inclusives.

L’objectif est de leur permettre d’acquérir les outils nécessaires pour produire des contenus qui ne se limitent pas à relayer des messages de sensibilisation, mais qui analysent les causes des inégalités, donnent la parole aux différents acteurs et contribuent à faire émerger des solutions.

Un concours média pour passer de la formation à l’action

La démarche ne s’arrêtera pas à la formation.

À l’issue du programme, les 20 participants seront invités à mettre leurs acquis en pratique à travers un grand concours média. Articles, reportages radio ou télévisés, podcasts, caricatures et contenus numériques pourront ainsi être consacrés aux différents enjeux liés à la santé, à la dignité et à la justice menstruelles.

Les meilleures productions seront distinguées à travers une cagnotte globale d’environ 2 millions de FCFA.

À travers cette compétition, le consortium veut non seulement encourager l’excellence journalistique, mais aussi favoriser l’émergence de récits capables de toucher un large public et de faire des questions menstruelles un sujet de débat public à part entière.

L’UPMB apporte son soutien à l’initiative

Recevant la délégation, le président du bureau de l’UPMB, Hervé Prudence Hessou, a salué une initiative qui entend inscrire la problématique menstruelle dans une démarche à la fois professionnelle, inclusive et durable.

Pour la faîtière des professionnels des médias, l’association de la presse à cet enjeu constitue une opportunité de renforcer la qualité de l’information consacrée aux questions de santé, de genre et de droits humains.

Hervé Prudence Hessou a, à cette occasion, réaffirmé la disponibilité de l’UPMB à accompagner le consortium dans la diffusion de l’appel à candidatures et la mobilisation des professionnels des médias.

Il a également encouragé les journalistes béninois, avec une invitation particulière aux femmes professionnelles des médias, à saisir cette opportunité de renforcement de capacités et de valorisation de leurs productions.

Changer les récits pour changer les regards

À travers cette collaboration, « Règle-Moi Ça » et l’UPMB entendent donc aller au-delà d’une campagne ponctuelle de sensibilisation. Leur ambition est d’installer dans la durée un traitement médiatique plus juste et plus inclusif des menstruations.

Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large du projet « Sang pour Sang : uni·es pour la dignité », dont l’objectif est précisément de faire évoluer les représentations et de lutter contre les stigmatisations afin que les personnes menstruées puissent vivre leurs règles sans honte, sans peur, sans isolement ni discrimination.

Au Bénin, le pari est désormais clair : mieux informer pour mieux comprendre, mieux raconter pour déconstruire et mieux sensibiliser pour faire reculer les tabous. Avec la mobilisation des médias, le consortium « Règle-Moi Ça » entend ainsi contribuer à faire de la dignité menstruelle non plus une question marginale, mais un véritable enjeu de société.

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.