Sénat béninois : Eugène Azatassou appelle à dépasser les querelles de naissance et mise sur une institution au service de la République

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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À quelques jours de son installation officielle, le Sénat béninois cristallise déjà les débats sur son rôle, son fonctionnement et sa capacité à s’imposer dans l’architecture institutionnelle du pays. Si sa création continue de diviser une partie de la classe politique, certains acteurs de l’opposition appellent désormais à tourner la page des contestations pour se concentrer sur l’avenir de cette nouvelle institution.

C’est le cas d’Eugène Azatassou. Invité sur le plateau d’Esae TV, samedi 11 juillet 2026, le responsable du parti Les Démocrates n’a pas renié son désaccord initial avec l’instauration du Sénat. « Je n’étais pas d’accord pour l’institution du Sénat. Je reste sur ma position », a-t-il rappelé, tout en reconnaissant que la réforme est désormais entrée dans l’ordre constitutionnel. « L’institution est déjà créée. C’est une institution de la République », a-t-il ajouté.

Pour l’ancien proche collaborateur de Boni Yayi, la question n’est donc plus de revenir sur la naissance du Sénat, mais de veiller à ce que cette chambre haute remplisse efficacement sa mission. Selon lui, les responsables appelés à y siéger portent désormais une responsabilité historique : donner à cette institution une image positive et démontrer sa pertinence dans le fonctionnement démocratique du Bénin.

Une installation attendue le 30 juillet

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Le Sénat doit tenir sa première séance officielle le 30 juillet 2026 dans les locaux de l’Assemblée nationale à Porto-Novo, en attendant la mise à disposition de son siège définitif. La composition de cette nouvelle institution a franchi une étape importante avec la désignation, en Conseil des ministres du 1er juillet, des personnalités appelées à compléter l’effectif prévu par les textes.

Prévue par la Constitution révisée, la chambre haute comprend des membres de droit, notamment les anciens présidents de la République élus, les anciens présidents de l’Assemblée nationale ayant accompli au moins la moitié de leur mandat ainsi que les anciens présidents de la Cour constitutionnelle remplissant les conditions requises.

À ces personnalités s’ajoutent des représentants issus des forces de défense et de sécurité ainsi que d’autres membres désignés afin d’atteindre le nombre fixé par les dispositions constitutionnelles.

« Donner une belle image » de l’institution

Face aux critiques qui entourent encore le Sénat, Eugène Azatassou mise sur la qualité des profils appelés à composer cette institution. Pour lui, les parcours et l’expérience des futurs sénateurs devraient les conduire à privilégier l’intérêt général.

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« Tous autant qu’ils sont, je pense qu’ils vont se donner (…) pour donner une belle image d’eux-mêmes par la suite et montrer son intérêt », a-t-il déclaré.

À ses yeux, ces personnalités, pour la plupart arrivées au sommet de leur carrière politique ou professionnelle, ont intérêt à inscrire leur passage au Sénat dans une logique de responsabilité et de service public.

Le cas Boni Yayi au cœur des interrogations

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L’une des grandes questions qui accompagnent la mise en place du Sénat reste la participation de l’ancien président Boni Yayi, membre de droit de cette chambre mais opposé à sa création lors des discussions sur la révision constitutionnelle.

Sur cette question, Eugène Azatassou estime que le statut institutionnel doit désormais primer sur les désaccords politiques passés. « Dès lors que c’est une institution de la République, il n’y a, à mon avis, pas de raison pour qu’étant membre de droit, le président Boni Yayi ne siège pas », a-t-il soutenu.

Pour lui, l’opposition à la création du Sénat ne devrait pas empêcher un ancien chef d’État de participer au fonctionnement d’une institution consacrée par la Constitution.

Éviter un Sénat de confrontation politique

Au-delà de la participation des personnalités historiques, le cadre des Démocrates appelle également à préserver le Sénat des rivalités politiques qui ont marqué ces dernières années la vie publique béninoise, notamment entre les camps de Patrice Talon et Boni Yayi.

Il souhaite que les futurs dirigeants de la chambre haute privilégient le dialogue et la recherche de compromis. « Vous avez une flopée de personnalités qui savent mesurer les choses dans toutes les dimensions », estime-t-il, appelant à la mise en place d’un bureau capable de « mettre tout le monde ensemble et de faire un consensus », plutôt qu’un organe dominé par une logique de rapport de force.

L’épreuve de la crédibilité

Alors que le Sénat s’apprête à entrer officiellement en fonction, son principal défi sera de convaincre sur son utilité et sa valeur ajoutée dans le système institutionnel béninois. Pour Eugène Azatassou, la réponse aux critiques ne viendra pas des discours, mais des actes.

La crédibilité de cette nouvelle chambre dépendra donc de sa capacité à incarner une institution de sagesse, de dialogue et de contrôle, au-delà des débats politiques qui ont accompagné sa création.

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.