La course à la succession d’António Guterres à la tête des Nations unies connaît un nouveau rebondissement. L’entrée en scène de l’Ougandais Olara Otunnu comme candidat au poste de Secrétaire général de l’ONU relance un processus déjà très suivi depuis son ouverture en novembre 2025 et marqué par les débats autour de la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall.
Cette nouvelle candidature intervient quelques jours seulement après l’audition publique de Macky Sall devant l’Assemblée générale des Nations unies, une étape importante du processus de sélection. Seul Africain officiellement engagé jusque-là dans cette compétition, l’ancien chef de l’État sénégalais avait livré une prestation de 90 minutes le 23 juillet, aux côtés d’autres prétendants de premier plan, parmi lesquels l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique Rafael Grossi et la secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), Rebeca Grynspan.
Lors de cette audition, Macky Sall a exposé sa vision d’une Organisation des Nations unies plus efficace, davantage tournée vers le dialogue, l’écoute et la recherche de consensus. S’appuyant sur près de quatre décennies d’expérience dans la gestion des affaires publiques, il a plaidé pour une réforme des méthodes de travail de l’institution afin de restaurer la confiance entre les États membres.
Mais l’arrivée d’Olara Otunnu modifie les équilibres d’une compétition qui n’a jamais été exempte de controverses. La candidature de Macky Sall avait déjà fait débat en raison de ses conditions de présentation : elle n’avait pas été portée initialement par Dakar, mais par le Burundi, alors président en exercice de l’Union africaine, dans un contexte où les autorités sénégalaises n’avaient pas encore officiellement apporté leur soutien à leur ancien président.
Avec ce nouveau prétendant ougandais, les cartes pourraient donc être redistribuées dans une bataille diplomatique où chaque candidature devra convaincre une majorité d’États membres. La question de la représentation africaine, de l’équilibre géopolitique et de la capacité du futur Secrétaire général à réformer l’organisation devrait continuer d’occuper une place centrale dans les discussions.
Ouvert depuis fin novembre 2025, le processus de désignation va désormais entrer dans une phase de consultations entre les différents membres des Nations unies. À l’issue de ces échanges, le Conseil de sécurité devra formuler une recommandation à l’Assemblée générale, seule instance habilitée à nommer officiellement le prochain Secrétaire général de l’ONU, qui prendra la relève d’António Guterres à la fin de son mandat.



