À mesure que s’intensifie la course à la succession d’António Guterres à la tête des Nations unies, les tractations diplomatiques se multiplient dans les capitales influentes. Pour espérer accéder au poste de Secrétaire général, les différents candidats cherchent à convaincre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, dont l’appui – ou, à tout le moins, l’absence de veto – demeure déterminant.
Dans ce contexte, Confidentiel Afrique affirme que l’ancien président sénégalais Macky Sall aurait entrepris plusieurs démarches afin d’établir un contact direct avec l’administration du président américain Donald Trump. Selon le média, ces initiatives n’auraient toutefois donné lieu à aucun échange concret avec Washington.
D’après cette enquête, les équipes de campagne de l’ancien chef de l’État, installé à Marrakech depuis son départ du pouvoir, auraient multiplié les tentatives de rapprochement avec des responsables américains dans l’espoir d’obtenir une écoute favorable de la Maison-Blanche. Les sources citées par le média évoquent cependant une absence de réponse aux différentes sollicitations adressées à l’administration Trump.
Cette version contraste avec l’image d’une relation privilégiée parfois prêtée à Macky Sall avec certains cercles politiques américains. Selon Confidentiel Afrique, aucune indication ne permettrait de conclure à un soutien de Washington à sa candidature. Le média estime que l’administration américaine n’a, à ce stade, jamais fait de l’ancien président sénégalais son candidat privilégié pour la succession d’António Guterres.
Dans le même temps, Macky Sall a publiquement défendu une réforme profonde des Nations unies. Lors d’un entretien accordé au média américain Breitbart, il avait repris la formule « Make the UN Great Again » (MUNGA), plaidant pour une organisation plus efficace et plus en phase avec les défis contemporains. Cette prise de position a été largement relayée dans les médias internationaux et sur ses canaux officiels.
Les relations entre Donald Trump et Macky Sall ont par ailleurs été marquées par des épisodes de tension. En 2018, alors président du Sénégal, Macky Sall avait vivement condamné les propos attribués à Donald Trump qualifiant plusieurs pays africains et Haïti de « pays de merde », dénonçant des déclarations qu’il jugeait offensantes pour le continent africain.
Au-delà de cette dimension politique, plusieurs observateurs estiment que l’équation diplomatique demeure particulièrement complexe. Un Secrétaire général de l’ONU est appelé à incarner une neutralité vis-à-vis des grandes puissances, ce qui conduit certains analystes à s’interroger sur les conséquences d’un alignement trop visible avec l’une d’entre elles. Cette question est notamment soulevée par Confidentiel Afrique, qui évoque les risques qu’une telle perception pourrait faire peser sur une candidature.
La campagne de Macky Sall a également connu plusieurs rebondissements. D’abord présentée par le Burundi, alors président en exercice de l’Union africaine, sa candidature a suscité des débats sur le niveau de soutien continental dont elle bénéficiait. Depuis, la situation a évolué : le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement apporté le soutien de Dakar à la candidature de son prédécesseur, faisant de celle-ci « la candidature du Sénégal au service de l’Afrique ».
Alors que les consultations diplomatiques se poursuivent entre les États membres, la désignation du futur Secrétaire général reste largement ouverte. Dans cette compétition où les équilibres géopolitiques, les rapports de force entre grandes puissances et les alliances régionales jouent un rôle déterminant, chaque soutien compte et chaque initiative diplomatique est scrutée avec attention.



