Le Venezuela est confronté à l’une des plus graves catastrophes naturelles de son histoire récente. Le bilan provisoire des deux puissants séismes qui ont frappé le nord du pays mercredi soir s’élève désormais à 235 morts et plus de 4.300 blessés, selon les autorités sanitaires. Les opérations de recherche se poursuivent sans relâche dans les zones les plus durement touchées, où de nombreuses personnes restent ensevelies sous les décombres.
Interrogé par la télévision d’État, le ministre vénézuélien de la Santé, Carlos Alvarado, a indiqué que les structures hospitalières continuaient d’accueillir un afflux massif de victimes, laissant craindre une nouvelle aggravation du bilan.
Les plus puissants séismes depuis plus d’un siècle
Les deux secousses, de magnitudes 7,2 et 7,5, se sont produites à seulement 40 secondes d’intervalle, provoquant des destructions considérables dans plusieurs régions du nord du pays. Les tremblements de terre, ressentis jusqu’à Bogota en Colombie, sont considérés comme les plus puissants enregistrés au Venezuela depuis plus d’un siècle.
À Caracas, plusieurs immeubles se sont effondrés, poussant les autorités à interrompre l’alimentation en gaz afin de prévenir d’éventuelles explosions. Dans le même temps, les secours poursuivent leurs recherches dans les bâtiments effondrés avec l’appui d’équipes spécialisées venues de plusieurs pays.
La Fondation vénézuélienne pour la recherche sismologique (FUNVISIS) a, par ailleurs, enregistré plus d’une vingtaine de répliques dans les heures ayant suivi les deux séismes, principalement dans l’État côtier de La Guaira, accentuant les inquiétudes des populations.
Un fonds de 200 millions de dollars pour la reconstruction
Face à l’ampleur des dégâts, la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a annoncé la création d’un fonds d’urgence de 200 millions de dollars destiné à financer la reconstruction des infrastructures détruites.
Cette enveloppe servira notamment à rebâtir les hôpitaux, les infrastructures publiques et à construire des logements pour les milliers de familles ayant perdu leur habitation, a-t-elle précisé lors d’une intervention sur la télévision publique.
Les Nations unies intensifient leur réponse humanitaire
La catastrophe a suscité une importante mobilisation internationale. Le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, Tom Fletcher, a assuré que l’organisation était « pleinement mobilisée » pour soutenir les autorités vénézuéliennes.
Selon lui, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) supervise déjà le déploiement rapide d’équipes internationales de recherche et de sauvetage en milieu urbain, tandis qu’une équipe d’intervention d’urgence est envoyée sur place pour renforcer les opérations humanitaires.
L’OIM appelle à une solidarité internationale
De son côté, la directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Amy Pope, a lancé un appel à une mobilisation rapide de la communauté internationale.
Elle a souligné que des communautés entières avaient été dévastées et que les besoins humanitaires étaient immenses. L’OIM travaille actuellement avec ses partenaires afin d’évaluer les besoins les plus urgents et d’apporter une assistance aux populations sinistrées.
Alors que les secours continuent de fouiller les décombres dans l’espoir de retrouver des survivants, les autorités redoutent que le nombre de victimes ne continue d’augmenter dans les prochaines heures.



