Afrique du Sud : la Russie soupçonnée d’avoir financé la tentative de fuite de Kémi Séba

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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De nouveaux éléments versés au dossier d’extradition de Kémi Séba pourraient donner une dimension internationale à l’affaire qui l’oppose au Bénin. Des procureurs sud-africains soupçonnent en effet un financement russe derrière la tentative présumée de sortie clandestine du territoire sud-africain de l’activiste panafricaniste.

L’affaire Kémi Séba prend une nouvelle tournure en Afrique du Sud. Alors que la justice de Pretoria examine la demande d’extradition formulée par le Bénin, des documents judiciaires font apparaître des soupçons de financement russe liés à la tentative présumée de fuite de l’activiste vers le Zimbabwe.

Selon des documents judiciaires consultés par Bloomberg, les procureurs sud-africains estiment que Moscou pourrait être à l’origine des fonds ayant servi à organiser le passage clandestin de Kémi Séba hors du territoire sud-africain. Ces éléments, qui restent à ce stade des allégations du parquet, ajoutent une dimension géopolitique à un dossier déjà particulièrement sensible.

Une tentative de passage par le Limpopo

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Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, a été arrêté à Pretoria le 14 avril 2026 avec son fils et François van der Merwe, responsable du mouvement identitaire afrikaner Bittereinders.

D’après les éléments cités dans le dossier judiciaire, le groupe aurait cherché à quitter clandestinement l’Afrique du Sud en franchissant le fleuve Limpopo, qui marque une partie de la frontière avec le Zimbabwe. Des policiers auraient alors utilisé une opération d’infiltration en se faisant passer pour des agents de sécurité privée recrutés pour faciliter la traversée.

Selon une source policière citée par l’AFP, François van der Merwe aurait reçu environ 250 000 rands pour organiser cette opération. Les procureurs sud-africains soupçonnent désormais que cet argent provenait, directement ou indirectement, de Russie.

À ce stade, cette piste financière constitue un élément de l’accusation et ne signifie pas qu’une implication directe du gouvernement russe a été judiciairement établie.

Une alliance pour le moins inattendue

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Le dossier présente une particularité qui retient particulièrement l’attention des enquêteurs : Kémi Séba et François van der Merwe évoluent dans des univers idéologiques radicalement différents.

Le premier s’est imposé comme l’une des figures les plus visibles du panafricanisme radical et de la contestation de l’influence occidentale en Afrique. Il est notamment connu pour ses positions favorables aux régimes militaires de l’Alliance des États du Sahel et pour ses prises de position hostiles à la France.

Le second dirige les Bittereinders, un mouvement identitaire afrikaner fondé en 2021 et faisant référence à l’histoire des combattants boers de la seconde guerre anglo-boer. Cette proximité circonstancielle entre deux militants issus de courants idéologiques très éloignés constitue l’un des aspects les plus singuliers de l’affaire.

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Les procureurs sud-africains s’intéressent également aux liens présumés des deux hommes avec des réseaux russes.

Des connexions russes au cœur des investigations

Selon les éléments du dossier, François van der Merwe s’était rendu à Moscou en septembre 2024, où il aurait rencontré une organisation liée à l’oligarque russe Konstantin Malofeev, visé par des sanctions occidentales.

Kémi Séba, pour sa part, avait été entendu en France en octobre 2024 par les services de renseignement intérieur dans le cadre de soupçons portant sur d’éventuelles relations avec une puissance étrangère. Il avait finalement été libéré sans poursuites.

Son nom avait déjà été associé à des investigations concernant les réseaux liés à la Russie. Une enquête menée conjointement par Jeune Afrique, Arte et Die Welt avait notamment fait état d’un financement de 440 000 dollars versé entre 2018 et 2019 aux activités de son organisation Urgences panafricanistes par des structures liées à Evgueni Prigojine, alors patron du groupe Wagner.

Prigojine est décédé en août 2023 dans le crash d’un avion en Russie.

Le dossier béninois en toile de fond

L’arrestation de Kémi Séba en Afrique du Sud intervient dans un contexte particulièrement tendu. Le Bénin réclame son extradition dans le cadre de la procédure ouverte après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025.

Les autorités béninoises lui reprochent notamment d’avoir publiquement soutenu la tentative de renversement du pouvoir et d’avoir appelé à la rébellion à travers ses publications sur les réseaux sociaux. Un mandat d’arrêt international avait été émis à son encontre après les événements de décembre 2025.

Séba conteste les accusations portées contre lui et a introduit une demande d’asile politique en Afrique du Sud. Cette procédure constitue l’un des éléments susceptibles de peser sur son éventuelle extradition vers le Bénin.

Son dossier judiciaire sud-africain est donc désormais soumis à plusieurs enjeux : la demande d’extradition béninoise, sa situation migratoire, sa demande d’asile et les accusations relatives à la tentative présumée de sortie clandestine du territoire.

Pretoria face à un dossier hautement sensible

La dimension russe donnée à l’affaire ajoute une nouvelle difficulté pour Pretoria.

L’Afrique du Sud entretient des relations étroites avec Moscou et fait partie des BRICS. Elle a également maintenu une politique diplomatique indépendante à l’égard de la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine.

Dans ce contexte, les soupçons de financement russe évoqués par le parquet sud-africain pourraient donner à l’affaire une portée dépassant largement la seule procédure d’extradition de Kémi Séba.

Pour l’heure, aucune décision judiciaire ne permet toutefois d’établir que le Kremlin a directement ordonné ou financé la tentative de fuite. Les accusations doivent encore être examinées par la justice sud-africaine et confrontées aux éléments de preuve.

Une chose est certaine : initialement centrée sur la demande d’extradition du Bénin, l’affaire Kémi Séba prend désormais une dimension internationale, à la croisée des enjeux judiciaires béninois, des débats sur l’influence russe en Afrique et de la politique étrangère sud-africaine.

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.