La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu son verdict, ce lundi 27 juillet 2026, dans le dossier mettant en cause Samuel Akindès Adékambi, ancien chef du 12ᵉ arrondissement de Cotonou. La juridiction spéciale l’a reconnu coupable d’abus de fonctions et l’a condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme, marquant ainsi l’épilogue d’une affaire qui a suscité un vif intérêt de l’opinion publique.
L’affaire trouve son origine dans un différend autour d’une somme de trois millions de francs CFA versée dans le cadre d’un projet porté par le centre communautaire Eya, promu par Lionel Talon. Selon l’accusation, les fonds auraient été remis à Samuel Akindès dans le cadre de ses fonctions administratives, tandis que l’ancien élu municipal a toujours soutenu qu’il s’agissait d’un appui destiné au financement de sa campagne électorale et non d’une contrepartie liée à ses responsabilités de chef d’arrondissement.
Lors des audiences, le ministère public avait estimé que les éléments du dossier caractérisaient l’infraction d’abus de fonctions et avait requis une peine de cinq ans d’emprisonnement. Les avocats de la défense avaient, quant à eux, plaidé la relaxe pure et simple, ou à défaut la relaxe au bénéfice du doute, contestant la qualification pénale retenue par le parquet et soutenant que leur client n’avait commis aucun acte répréhensible dans l’exercice de ses fonctions.
Avant la mise en délibéré, Samuel Akindès avait réaffirmé son innocence, rappelant qu’un chef d’arrondissement n’est pas ordonnateur de budget et affirmant avoir toujours agi dans le respect des textes régissant la décentralisation. Il avait conclu sa dernière déclaration en exprimant le souhait que « la vérité jaillisse ».
En prononçant une peine de cinq ans de prison ferme, la CRIET a finalement suivi une ligne plus sévère que celle initialement envisagée par le ministère public lors de ses réquisitions. Cette décision vient clore plusieurs semaines de débats judiciaires autour de cette affaire d’abus de fonctions et s’inscrit dans la politique de répression des infractions économiques et des atteintes à la probité publique conduite par la juridiction spéciale.



