Le processus de désignation des chefs de village et de quartier de ville connaît un nouveau rebondissement au Bénin. La Cour suprême a été saisie de 35 recours contestant les opérations engagées à la suite de la publication par la Commission électorale nationale autonome (CENA) de la liste des localités attribuées aux partis politiques habilités à proposer les nouvelles autorités locales.
Ces recours ouvrent une nouvelle phase du contentieux électoral, quelques semaines après la décision de la CENA fixant la répartition des villages et quartiers de ville entre l’Union Progressiste Le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR), conformément aux résultats définitifs des élections communales du 11 janvier 2026.
À ce stade, la haute juridiction n’a pas encore rendu publiques les localités concernées ni les griefs soulevés dans chacune des requêtes. Il lui revient désormais d’examiner la recevabilité des dossiers avant de se prononcer sur le fond des contestations.
Une désignation encadrée par le Code électoral
Le 9 juillet 2026, la CENA a adopté la décision n°024/CENA/PT/RAP/DGE/SP, qui répartit les villages et quartiers de ville entre les deux formations politiques représentées dans les conseils communaux. Cette répartition est établie sur la base des résultats consolidés des élections communales, après prise en compte des ajustements issus du contentieux électoral.
En application de l’article 201 du Code électoral, le parti politique arrivé en tête des suffrages valablement exprimés dans un village ou un quartier de ville est seul habilité à proposer le chef de cette localité, sous réserve qu’il remplisse les conditions légales d’attribution des sièges. La proposition est ensuite transmise au préfet territorialement compétent, qui la notifie au maire en vue de l’installation officielle de l’autorité locale.
Une nouvelle étape judiciaire
Les 35 recours enregistrés pourraient porter sur plusieurs aspects du processus, notamment le respect des dispositions du Code électoral, la conformité des désignations aux résultats proclamés ou encore la régularité des actes administratifs ayant conduit aux propositions des chefs de village et de quartier de ville. Les motivations exactes des requérants seront connues au fur et à mesure de l’instruction des dossiers.
La Cour suprême, compétente en matière de contentieux des élections communales et locales, a déjà joué un rôle déterminant après les élections générales de 2026. Plusieurs décisions rendues au cours des derniers mois ont conduit à des annulations de scrutins, au rejet de certaines requêtes ou encore à des réattributions de sièges dans plusieurs communes.
Des décisions très attendues
Les arrêts que rendra la Cour suprême seront déterminants pour la suite du processus. Ils pourront confirmer les désignations opérées ou, au contraire, imposer leur réexamen dans les localités concernées si des irrégularités sont établies.
En attendant ces décisions, le processus d’installation des chefs de village et de quartier de ville demeure sous haute surveillance, ces responsables occupant une place essentielle dans l’administration de proximité et le fonctionnement de la gouvernance locale au Bénin.



