La voix d’Amy-Mako a marqué les esprits lors de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’accession du Bénin à l’indépendance. Invitée à réinterpréter « L’Aube Nouvelle » en langue dendi à l’occasion de la Fête nationale du samedi 1ᵉʳ août 2026, l’artiste béninoise a relevé un défi artistique inédit : adapter l’hymne national dans une langue locale tout en conservant son âme musicale et sa portée symbolique.
Sélectionnée par le ministère de la Culture à l’issue d’un processus de choix, la griotte a récemment livré les secrets de cette prestation qui a suscité une forte émotion auprès du public. Sur les antennes de la radio nationale, Amy-Mako est revenue sur la genèse de ce projet et les difficultés rencontrées lors de sa réalisation.
Selon l’artiste, l’initiative est venue des autorités béninoises qui souhaitaient donner une dimension plus inclusive à l’hymne national en valorisant les langues du terroir. « L’idée est venue des autorités de ce pays. J’étais tranquillement chez moi quand j’ai reçu un appel du ministère de la Culture me demandant si je pouvais proposer une interprétation de l’hymne national en dendi », a-t-elle confié.
Au départ, Amy-Mako ignorait qu’il s’agissait d’un processus de sélection. Ce n’est qu’après avoir commencé le travail qu’elle a compris qu’elle participait à une compétition pour désigner l’artiste qui porterait cette version particulière de l’hymne. « Par la grâce de Dieu, Amy-Mako a été choisie pour cette interprétation », a-t-elle expliqué avec émotion.
Un travail minutieux entre traduction et respect de la mélodie
L’un des principaux défis pour l’artiste a été de réussir la transposition des paroles françaises en dendi sans dénaturer la mélodie originale. Une tâche complexe, car il ne suffisait pas de traduire les mots : il fallait également respecter le rythme, la mesure et les sonorités imposées par la composition musicale.
« Il fallait transcrire le français en dendi. Mais après, on m’a appelé pour dire que ça doit être un air de fon. Et je trouvais que cela me facilitait un peu la tâche », a-t-elle raconté.
L’artiste a alors travaillé à partir d’une version chantée en fon, qui lui a servi de base pour adapter les paroles en dendi. « J’ai écouté en même temps ce que la fille chantait en fon et je transcrivais. Je devais suivre l’air et le rythme », a-t-elle précisé.
Cette méthode lui a permis de préserver l’harmonie entre la langue dendi et la mélodie de l’hymne, donnant naissance à une interprétation à la fois fidèle et originale.
Une prestation qui a touché le public
Lors du défilé officiel de la Fête nationale, la prestation d’Amy-Mako a provoqué une vive émotion. Même parmi ceux qui ne comprennent pas la langue dendi, l’interprétation a réussi à transmettre un message universel de fierté et d’attachement à la nation.
« Quand j’ai presté au défilé, c’était vraiment émouvant. J’étais contente. Sur le site, beaucoup m’ont dit : je ne comprends pas le dendi, mais ça m’a donné des frissons », a-t-elle témoigné.
Pour Amy-Mako, cette expérience démontre la force de la musique comme outil de rassemblement et de valorisation du patrimoine culturel béninois. À travers cette adaptation de « L’Aube Nouvelle », elle estime avoir contribué à écrire une nouvelle page dans la promotion des langues nationales et de l’identité culturelle du Bénin.



